Une incertitude inédite à moins de 10 jours du premier tour et le caractère déterminant de la participation dans ce contexte

  • Tous les scénarii apparaissent possibles au soir du 23 avril. Si un second tour opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen demeure encore l’hypothèse la plus probable, rien n’exclut une qualification de François Fillon ou de Jean-Luc Mélenchon.
  • Sur 100 électeurs qui se déclarent aujourd’hui certains d’aller voter le 23 avril prochain, 34 peuvent changer d’avis quant à leur vote ou n’expriment actuellement pas d’intentions de vote.
  • Une autre inconnue déterminante concerne la participation qui devrait être inférieure à celle enregistrée lors du premier tour de 2012 (79,5%). Une participation faible pourrait favoriser François Fillon dont le socle électoral (en particulier les personnes de 65 ans et plus) serait davantage porté à se mobiliser et dans une moindre mesure Emmanuel Macron (électeurs les plus diplômés et CSP+ qui votent davantage également). A l’inverse, une mobilisation plus forte pourrait profiter à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen en drainant vers les urnes des profils habituellement moins enclins que la moyenne à aller voter comme les jeunes ou les ouvriers.

Emmanuel Macron se stabilise et devance légèrement ses concurrents (23%)

  • Comme la semaine dernière, le leader d’En Marche ! est crédité de 23% des suffrages au premier tour. Dans le même temps, son socle électoral poursuit sa solidification : parmi ses électeurs potentiels, 67% se déclarent sûrs de leur choix soit 4 points de plus que la semaine dernière. Pour mémoire, ils n’étaient encore que 44% début février.

Une baisse qui se prolonge pour Marine Le Pen (22%, -1pt)

  • Marine Le Pen semble avoir amorcé une dynamique défavorable en cette fin de campagne. Elle est désormais créditée de 22% des intentions de vote, un score à nouveau en retrait depuis la semaine dernière (-1 point). Au final, la candidate du Front national a perdu 4 points depuis la mi-mars. Cette érosion est liée en partie à un retour vers François Fillon de certains sympathisants LR ou d’électeurs de Nicolas Sarkozy en 2012.

Jean-Luc Mélenchon (20%, +1pt) et François Fillon (20%, +1pt) toujours à égalité

  • Jean-Luc Mélenchon confirme sa dynamique. Il est désormais crédité de 20% des intentions de vote, soit 1 point de plus que la semaine dernière. Son score a progressé de 8 points au total en 4 semaines. Cette évolution s’accompagne d’une progression de la sûreté du choix de ses électeurs potentiels : les deux tiers d’entre eux se déclarent sûrs de leur choix (66%, + 7 points en une semaine).
  • François Fillon continue sa remontée chez les électeurs de Nicolas Sarkozy en 2012 (63%, +4 points) et chez les sympathisants LR (74%, +2 points en une semaine, +7 points en deux semaines). Si le candidat de la droite et du centre n’est pas encore au niveau qui était le sien chez ces électeurs avant le Penelope Gate, il s’en rapproche de plus en plus et dispose donc encore de quelques réserves de voix.

Benoît Hamon poursuit son érosion (7,5%, -1pt)

  • Benoît Hamon n’est crédité que de 7,5% des intentions de vote, un score en baisse de 1 point en une semaine. Au final, le candidat socialiste a perdu près de 10 points depuis sa victoire lors de la primaire de la gauche. Nos premières mesures début février le créditaient en effet de 17% des suffrages exprimés. Désormais, seuls 30% des sympathisants socialistes et 20% des électeurs de François Hollande en 2012 déclarent avoir l’intention de voter pour lui.