A la veille du 2nd tour de l’élection présidentielle, la Fondation April a adressé une lettre ouverte aux deux candidats pour connaître les mesures qu’ils prendront pour favoriser un accès équitable à la santé pour tous et répondre aux attentes des Français en matière de santé, exprimées au travers de l’enquête réalisée par BVA.

• Une politique de prévention attendue de façon prioritaire dans les domaines de l’alimentation et de l’environnement, et à destination des enfants et des milieux les moins favorisés

Objet de nombreuses campagnes de sensibilisation, l’impact de la nutrition sur la santé apparaît désormais bien intégré par les Français : l’alimentation et la lutte contre la « malbouffe » sont les domaines cités en priorité et de loin pour permettre aux Français d’être en bonne santé (53%), devant l’environnement au travers de la qualité de l’air, les ondes ou encore les perturbateurs endocriniens (31%, et près de 4 personnes sur 10 en Île-de-France), sujets dont se sont saisis un certain nombre de candidats à l’élection présidentielle.
Conscients que les réflexes et bons comportements de santé s’acquièrent dès le plus jeune âge, les Français souhaitent que l’on agisse en priorité en direction des enfants (63%), puis des populations les moins favorisées (38%). Les Français semblent donc relativement au fait de l’impact du milieu social sur la prise en main de la santé.

• Le médecin généraliste plébiscité pour aider les Français à prendre en main leur santé, suivi des parents et de l’école

Pour 55% des personnes interrogées, le médecin généraliste apparaît comme l’acteur le plus pertinent pour aider les Français à prendre soin de leur santé, témoignant une fois de plus de la relation de confiance existant entre les Français et leur médecin traitant. Une attente à prendre d’autant plus en compte qu’il est souvent reproché au système français de santé d’être trop centré sur les soins et pas assez sur la prévention. Les parents arrivent en deuxième position des relais les plus légitimes en matière de santé (40%). Ce trio de tête est complété de l’école, attendue sur ce terrain par 28% des Français, devant les acteurs spécialisés en santé (Ministère, assurance maladie).

• Déserts médicaux, manque de personnel dans les hôpitaux et délais trop importants pour obtenir un rendez-vous médical : trois facteurs qui font obstacle à l’équité en santé et qui peuvent conduire à renoncer à se soigner

Interrogés sur les principaux freins à l’accès équitable à la santé pour tous, 40% des Français pointent du doigt les déserts médicaux mais aussi le manque de personnel et de moyens dans les hôpitaux. 35% citent par ailleurs les délais pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste.
Ce problème de délais est même le premier facteur de renoncement aux soins (41%), loin devant le manque de temps (31%), ou le manque de moyens financiers (26%).

La santé apparaît au centre des préoccupations des Français qui expriment des inquiétudes croissantes envers le système de soins. Il reste à savoir si le prochain président de la République saura s’emparer de ce sujet à son arrivée à l’Elysée, et apporter des réponses aux citoyens, alors que ces questions ont été peu abordées et débattues jusque-là dans la campagne.