Le système de protection sociale est largement financé par les cotisations sociales. Ces dernières sont prélevées directement sur les salaires et le financement repose donc avant tout sur les revenus du travail. Aux yeux de bon nombre d’observateurs, la fiscalité qui porte sur le travail serait lourde et complexe. Elle serait un frein à la compétitivité des entreprises françaises et nuirait au pouvoir d’achat des salariés. Le gouvernement d’Edouard Philippe envisage aujourd’hui de réduire les cotisations salariales et d’augmenter la CSG. L’enquête réalisée par BVA pour le club média RH fait le point sur la perception des salariés à l’égard de la fiscalité du travail et mesure leur adhésion au projet de réforme.

Le système des cotisations sociales est largement méconnu des salariés

Seulement 1/3 des salariés indique bien connaitre la fiscalité qui porte sur leur salaire (32%). Notons que les salariés les plus âgés – ceux qui ont plus de 60 ans – semblent mieux informés (53%).

Les salariés appréhendent un peu mieux la question de la réduction des cotisations sociales

Une courte majorité de salariés indique voir de quoi il s’agit quand on parle de réduire les cotisations sur la part salariale (56%) ou sur la part patronale (55%) mais seulement 15% et 11% d’entre eux expliquent voir très bien de quoi il s’agit.

Dans les faits, les salariés peinent à identifier l’assiette de la CSG sur les salaires

Preuve qu’ils méconnaissent le système des cotisations sociales, les salariés sont en difficultés pour affirmer si la CSG est payée dans la part salariale, dans la part patronale ou les deux. En effet, seulement 1/3 indique – comme c’est le cas – que la CSG est prélevée uniquement dans la part salariale des cotisations (37%). Le niveau de connaissance croit avec l’âge des salariés : seulement 25% des 15-29 ans indiquent que la CSG est prélevée dans la part salariale contre 59% des 60-69 ans.

Le projet du gouvernement d’Edouard Philippe de réduire les cotisations salariales et d’augmenter la CSG suscite la désapprobation d’une majorité de salariés

Les salariés sont sceptiques concernant la principale promesse de la réforme : seulement 41% d’entre eux estiment qu’elle permettrait d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés. Dès lors, bien qu’étant les principaux bénéficiaires du projet, les salariés sont majoritairement hostiles à la réduction des cotisations salariales compensée par une augmentation de la CSG (56%). Le projet de réforme suscite cependant davantage d’adhésion des salariés les plus jeunes : 50% des 15-39 ans y sont favorables. Cette mesure suscite au contraire l’opposition de 2/3 des plus de 50 ans (65%).