Résultats mis à jour sur la base des résultats définitifs (Ministère de l’Intérieur)

Une abstention en hausse par rapport au 1er tour : pourquoi ?

C’est la première fois depuis 1969 que la participation ne progresse pas entre les deux tours.  Le levier du front républicain, qui avait pourtant encore bien fonctionné à l’occasion des élections régionales de 2015, est un peu grippé.

Dans le détail, notons que 33% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se sont abstenus.

La raison le plus souvent citée par les abstentionnistes est le fait qu’aucun des candidats ne leur convenait (64%), devant la volonté d’exprimer un mécontentement (43%). Autre raison évoquée, par un quart des abstentionnistes (24%) : l’impression que les jeux étaient déjà faits, un facteur cité par seulement 10% des personnes n’ayant pas voté au 1er tour.

 

Sociologie des électorats : 2 France ?

Emmanuel Macron réalise ses meilleurs scores chez les Français âgés de 65 ans et plus (81%).

Le candidat d’En Marche ! arrive également nettement en tête chez les cadres (80%), ainsi que chez les professions intermédiaires (69%) et les retraités (79%). Il réalise un score très élevé chez les hauts revenus (80%).

A l’inverse, Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores chez les 25-34 ans (44%) et les 35-49 ans (41%), en d’autres termes chez les actifs. Elle est nettement majoritaire chez les ouvriers (58%) et réalise un score important (46%) chez les plus bas revenus.

 

Comment ont voté les différents électorats du 1er tour ?

Parmi les 67% d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon ayant choisi de se rendre aux urnes et ayant exprimé un vote, 84% l’ont fait en faveur d’Emmanuel Macron (16% en faveur de Marine Le Pen), tout comme 96% des électeurs de Benoit Hamon.

Les électeurs de François Fillon, qui sont 74% à avoir participé, ont voté pour Emmanuel Macron à 76%, contre 24% pour Marine Le Pen.

En tout état de cause, les électeurs ont majoritairement déclaré s’être affranchis des consignes de vote : 81% des votants estiment que les consignes ou l’absence de consignes du candidat pour lequel ils avaient voté au premier tour ont joué un rôle peu ou pas du tout important pour faire leur choix aujourd’hui.

 

Moment du choix et motivations du vote : Emmanuel Macron, un président loin d’être choisi par conviction

18% seulement de ses électeurs déclarent aujourd’hui avoir voté pour lui par adhésion à son projet, contre 30% parce que c’est le candidat le moins éloigné de leurs convictions et enfin, un électeur sur deux (52%), pour faire barrage à Marine Le Pen.

A l’inverse, 32% des électeurs de Marine Le Pen ont voté pour elle par adhésion à son projet. Il est également intéressant de noter que 34% l’ont choisie pour faire barrage à Emmanuel Macron.

La liste des critères détaillés de choix des candidats confirme ce diagnostic :

  • Premier critère cité par les électeurs d’Emmanuel Macron : 72% déclarent qu’ils voulaient faire barrage à Marine Le Pen. Deuxième critère cité (53%) : « c’est le moins pire des candidats »
  • Marine Le Pen, pour sa part, apparaît aux yeux de ses électeurs comme celle qui défend le mieux leurs valeurs (64%, premier critère cité), notamment à travers son programme (59% des citations), et apparaît proche des Français (62%).

 

Quelles perspectives pour demain ?

Première de ces décisions : le choix du Premier ministre. Parmi les personnalités testées, beaucoup sont en réalité très peu connues et, pour cette raison, recueillent l’assentiment d’une très petite minorité de Français. C’est Christine Lagarde qui se place en tête du classement de la perception des potentiels Premiers ministres : 32% des Français estiment qu’elle ferait un bon Premier ministre, contre 56% qui pensent le contraire.

En tout état de cause, les législatives à venir s’annoncent complexes. On risque de retrouver les « 4 France » qui cohabitaient au soir du 23 avril : si 23% des électeurs souhaitent la victoire des listes « En marche », 22% souhaitent la victoire des listes de la France Insoumise, 21% des listes Les Républicains et du Front National. On retrouve quasiment dans les mêmes proportions les résultats du premier tour de la présidentielle ! Si les choses peuvent encore changer, rien ne semble indiquer pour le moment que les Français, dans un réflexe « légitimiste », feront en sorte de donner une majorité à Emmanuel Macron pour gouverner.