L'essentiel en 3 points

L'entreprise n'est pas identifiée comme lieu majeur de harcèlement sexuel.

Le débat est mis au second plan par rapport à d’autres enjeux dans l’entreprise : égalité entre femmes et hommes, parité, place des femmes dans les entreprises.

L'impact du débat à moyen terme reste difficile à identifier.

La tempête – planétaire – déclenchée par l’affaire Weinstein, a marqué le dernier trimestre de l’année 2017, agitant le monde du cinéma et du spectacle.

Les réseaux sociaux, à travers les hashtags #metoo et, sa déclinaison française, #balancetonporc, ont joué un rôle majeur, sans doute inédit dans l’éclatement d’un mouvement d’opinion et une prise de conscience sociétale.

En France, au début 2018, le débat a rebondi avec la parution dans le Monde d’une tribune signée par 100 femmes, au premier rang desquels Catherine Deneuve, prenant de la distance à l’égard du mouvement #metoo et #balancetonporc. Les signataires expliquaient leurs craintes d’un systématisme anti hommes, défendant la possibilité de relations de séduction entre hommes et femmes, revendiquant même, avec quelque provocation, le « droit d’être importunées ». Cette tribune a suscité des réponses scandalisées de nombreuses porte-parole féministes, accusant les signataires de perpétuer une conception prédatrice de la séduction, d’encourager la domination masculine – bref de se tromper d’époque.

Face à l’ampleur de ce débat, BVA a souhaité consulter, mi-janvier 2018, sa communauté de Français, POP by BVA, pour faire un point à la fois sur leur perception de la thématique du harcèlement sexuel et du sexisme auxquels les femmes peuvent être confrontées dans le cadre de leur vie professionnelle et sur l’incidence de ce débat sur leur univers professionnel. Notre questionnement central : les lignes ont-elles bougé en entreprise dans ce contexte de libération de la parole sur les réseaux sociaux ?

Nous livrons ici les principaux enseignements tirés des échanges en ligne.

Le constat principal qui s’en dégage est celui d’un décalage entre le débat public et la perception qu’ont nos interviewés de la réalité de leur quotidien professionnel.

Tout se passe comme si la thématique du harcèlement sexuel avait très peu « infusé » au plan professionnel et n’impliquait pas les membres de POP aussi fortement dans leur environnement professionnel que ce que le « séisme » du mouvement #Metoo et #Balancetonporc pouvait laisser supposer… – suite de la note en téléchargement ci-dessous :