La maison ultra-connectée de la famille Lepic en 2027 dans la saison 9 de Fais pas ci, fais pas ça, vous connaissez ?

L’Internet des objets (Internet of Things – IoT) désigne l’ensemble des solutions utilisant des capteurs pour relier le monde physique à Internet. S’appuyant sur les réseaux cellulaires actuels (2G/3G/4G…) ou des réseaux locaux de type Wi-Fi, ces capteurs envoient régulièrement des données sur leur environnement (température, ouverture/fermeture, poids, etc…) à l’utilisateur du Nouveau Monde. Ces datas sont collectées, analysées, puis assemblées pour améliorer une organisation ou créer de nouveaux services.

Le champ des possibles

Les applications sont multiples :

  • Pour les villes, l’IoT est une composante importante de la smart city en permettant notamment d’optimiser le stationnement (places disponibles), le ramassage des poubelles (niveau de remplissage), l’arrosage des espaces verts (hygrométrie des sols), etc. 42% des municipalités ont déjà déployé des appareils et capteurs IoT avec pour principales utilisations la maintenance industrielle (60%), les services de géolocalisation (45%) et la télésurveillance (42%). Les appareils concernés par l’Internet des objets sont surtout les systèmes de sécurité des bâtiments (57%), l’éclairage public (32%) et les véhicules (20%).
  • Pour les entreprises, l’IoT révolutionne les organisations internes et dope la productivité : tournées de livraison (niveau de fourniture), intervention de maintenance (remontée de panne), consommation d’énergie (température), etc. 64% des fabricants pensent que leurs usines seront entièrement connectées grâce aux dernières technologies de l’Internet des objets d’ici 2022.
  • Pour les particuliers, l’IoT transforme le domicile en maison connectée (régulation du chauffage, gestion des volets roulants, réfrigérateur connecté, etc), et accompagne l’individu au quotidien avec les assistants intelligents des GAFA (Amazon Echo, Google Home, Apple HomePod), facilite ses transports (voiture et transports en commun connectés), ou fait de lui un véritable homme augmenté en lui offrant la possibilité de tout savoir (pulsation cardiaque, qualité de sommeil, alcootest, exposition aux UV, nombre de pas, etc).
  • Sans oublier les autres pans de la société comme la sécurité, le transport ou la santé qui bénéficient grandement des avancées technologiques offertes par l’IoT. Goldman Sachs estime que les IoT pourraient faire économiser 300 milliards de dollars aux services de santé américains.

Grâce à la baisse du coût des capteurs, le champ des possibles s’agrandit, de plus en plus d’objets sont connectés au net. La dernière étude de Gartner prévoit 8,4 milliards de produits IoT en 2017, soit plus d’objets connectés que d’êtres humains. Mais alors qu’en 2016, le marché français de l’IoT grand public était valorisé, avec une large croissance des ventes, Gartner revoit ses prévisions pour 2020 à la baisse. En effet, après une première phase d’euphorie devant la multitude des applications possibles, le déploiement à grande échelle fait face à plusieurs freins : si les objets connectés séduisent les Français, ils les considèrent loin d’être parfaits. 52% d’entre eux regrettent un prix pas assez attractif et 26% souhaiteraient que les objets connectés soient plus faciles d’utilisation.

Internet of useless Things

L’année 2017 marque l’arrivée des articles de presse listant les objets connectés dont l’intérêt est discutable, voire carrément inutile. Le décapsuleur pour trinquer à distance, le matelas qui détecte les infidélités, le marque-page connecté qui envoie des SMS sont autant d’inventions qui n’ont pas trouvé leur public. Plus surprenant, la start-up Juicero fondée en 2013 à San Francisco avait réussi à convaincre de nombreux investisseurs, levant près de 120 millions de dollars auprès de fonds réputés comme Google Ventures et Kleiner Perkins, avec sa machine à jus de fruit vendue 400 dollars. Elle vient de jeter l’éponge.

L’entreprise de technologie +rehabstudio, qui recense sur le site internetofuselessthings.io l’ensemble des objets connectés inutiles, fait la liste des principes auxquels un objet connecté doit répondre pour démontrer son utilité : « il doit être intelligent et adaptable, destiné aux humains, sécurisé et digne de confiance, permettre d’inventer ou d’améliorer son usage, apte et approprié ».

Quelle confiance dans la protection de mes données ?

Nécessaire pour son bon fonctionnement, la collecte de données personnelles constitue la principale menace de l’IoT. Les Français l’ont bien compris ; ils sont 78% à se déclarer inquiets en matière d’atteinte à la vie privée et ne sont que 45% à penser que les avantages de l’Internet des objets l’emportent sur les risques. Pire, les objets connectés sont devenus des cibles de choix pour les cyber-criminels. Le piratage des bases de données de la société américaine Spiral Toy, fabriquant les jouets connectés Cloudpets, a entraîné l’exposition sur Internet de plus de 2,2 millions d’enregistrements de voix d’enfants et de leurs parents.

Le nouveau règlement général sur la protection des données (RGPD), qui s’appliquera au niveau européen au printemps 2018, devrait renforcer le droit des personnes et surtout responsabiliser les acteurs traitant des données. En imposant le principe du « Privacy by design », c’est-à-dire la protection des données dès la conception, et en améliorant la crédibilité de la régulation grâce à une coopération renforcée entre les autorités de protection des données, l’Union Européenne tente de mettre en place les conditions du déploiement de l’IoT plus sûr.

Quel avenir pour l’IoT ?

Le « Rapport des tendances IoT Hardware 2018 » évoque le « second âge » des tendances IoT. Cette nouvelle génération de produits connectés se démarque par une meilleure interprétation des données récoltées. L’apport de l’intelligence artificielle et des technologies du Big Data interagissant depuis le Cloud permettent aux appareils connectés d’apporter une véritable valeur ajoutée à la donnée collectée en offrant une interactivité. C’est le défi des nouveaux assistants vocaux intelligents qui vont mener une lutte acharnée pour entrer dans votre domicile (Amazon Echo en vente, Google Home commercialisé depuis août 2017, Apple HomePod attendu pour décembre 2017).