590kg. C’est ce que produit par an chaque Français en déchets. Ce chiffre suffit à faire prendre conscience de l’enjeu que représentent les déchets pour notre société, à travers l’enjeu de réduction tout d’abord, mais aussi l’enjeu de valorisation.

La part incompressible des déchets doit être perçue non plus comme un fardeau, mais comme un réservoir d’opportunités, auquel doit s’attaquer l’imagination.

« Quelles sont donc les pistes et les initiatives pour s’emparer de cet enjeu des déchets, qui représente un défi collectif mais aussi une « mine d’or » potentielle ? »

Les déchets : des diamants bruts pour la société

Déchets = énergie et économie

  • Le 20 mai dernier, l’inauguration des serres de Lapouyade s’est déroulée en présence des représentants de Veolia, des Paysans de Rougeline, et d’élus locaux dont Alain Rousset, Président du Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine. Ces serres produisant des tomates sont entièrement chauffées par le biogaz produit par l’ISDND* (Installation de Stockage des Déchets Non Dangereux) voisine. Le partenariat entre Veolia et Les Paysans de Rougeline est un véritable exemple d’économie circulaire en circuit court, en utilisant le biogaz généré par la fermentation naturelle des déchets et un système de cogénération.Ce système donne une réelle valeur à ces déchets, privilégiant une agriculture durable, tant en matière environnementale, Iocale, que commerciale.Le citoyen bénéficie des externalités positives sur l’environnement et des emplois de proximité créés pour cette culture spécifique.

Quand les déchets deviennent œuvres d’art

  • Depuis 2015, Le Carré Bouge et Veolia se sont associés pour valoriser les déchets issus du site de Châteaubernard. Le Carré Bouge est une association, basée près de Nantes, qui réunit différents créateurs et acteurs des arts appliqués. Son objectif : faire émerger des solutions innovantes au service de l’art, en s’appuyant notamment sur l’économie circulaire. Une fois par mois, les membres de l’association viennent récupérer bâches, housses, cartons, caoutchouc, bois, etc., préalablement identifiés et triés par les équipes de Veolia. Habituellement envoyées dans des filières de recyclage, ces matières premières se découvrent une seconde vie entre les mains des créateurs de l’association. Elles sont surcyclées  –  c’est-à-dire recyclées par le haut  –  et transformées en objets du quotidien originaux ou en œuvres d’art uniques en leur genre : une bâche utilisée comme revêtement de fauteuil, une chute de PVC transformée en rideaux… Ce partenariat basé sur le mécénat de matières a de nombreux bénéfices, tout d’abord en s’inscrivant dans une démarche de circuit-court, en cristallisant un nouveau modèle de création responsable, et surtout en incitant à porter un nouveau regard sur la valeur des déchets.

Des bonnes pratiques pour la réduction des déchets

#Casuffitlegâchis

  • L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a mis en place l’ambitieux dispositif #Casuffitlegâchis. Ce dispositif, via son site dédié, s’adresse de manière différenciée aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités, selon leur spécificités, pour les aider et les pousser dans la lutte contre le gâchis. Pour chacun de ces acteurs, #Casuffitlegâchis met à disposition de l’information, met en lumière les bonnes pratiques de réduction des déchets et offre des outils pour aider chacun dans sa démarche. Ainsi, on pourra accéder via le site de #Casuffitlegâchis à une application « mes solutions déchets », une offre d’accompagnement de l’Ademe et même des outils de communication à télécharger pour relayer les messages sur le terrain ou à des fins de communication interne. #Casuffitlegâchis s’appuie sur une campagne composée de spots TV, d’affichettes, de bannières, de pictogrammes, de vidéos d’animation et même d’un verre doseur pour mesurer les bonnes doses d’aliments. Le fil rouge de la campagne, c’est s’inscrire dans une démarche d’aide plutôt que de culpabilisation du citoyen, en utilisant l’humour pour ne pas dramatiser le message.

Je bois l’eau du robinet. Et alors ?

  • C’est le nom de la campagne menée en Pologne par la Fondation CZYŚCIUTKO. Ses bénévoles militent dans les écoles, les entreprises, mais aussi les restaurants, pour inciter la population à préférer l’eau du robinet à celle des bouteilles en plastique. L’eau est aujourd’hui la même dans les robinets de Londres, Paris ou Varsovie, rappelle la Fondation CZYŚCIUTKO. Plus aucune raison, donc, de remplir ses placards de bouteilles d’eau en plastique. Des bouteilles qui sont tout sauf écologiques. D’abord parce que leur fabrication et leur transport (parfois sur des milliers de kilomètres) impliquent l’émission d’une grande quantité de gaz à effet de serre. Mais surtout parce que chaque bouteille jetée rejoint potentiellement les millions de tonnes de déchets plastiques non recyclés chaque année. Boire de l’eau du robinet, c’est donc contribuer à réduire la quantité de déchets inutiles. Par ailleurs, la Fondation met en vente ses propres bouteilles en plastique fabriquées en Tritan, une matière responsable. Elle en recommande une utilisation durable sur le modèle d’une gourde : à remplir avec l’eau du robinet le plus proche. La campagne de la Fondation CZYŚCIUTKO rappelle une chose essentielle : l’eau potable n’est pas disponible dans le monde entier. Profitons-en !

Smart trashes

Les nouvelles technologies au service de la gestion du ramassage des déchets

  • En 2016, le Grand Lyon s’est doté de conteneurs connectés dans le but d’optimiser la gestion du ramassage des déchets. La ville compte depuis cette année 10 conteneurs connectés sur les 2 300 existants. Ces conteneurs équipés de capteurs ont la capacité de détecter le taux de remplissage du silo et la température interne du silo dans le but de réduire les risques d’incendies. Les analyses des données de remplissage ont permis d’observer que les silos étaient jusqu’a présent vidés alors que leur taux de remplissage variait de 30 à 50%, l’usage des conteneurs connectés Cybeel permet aujourd’hui de surveiller le niveau de remplissage et d’optimiser le parcours des équipes chargées de la gestion des déchets pour mettre en place un ramassage « au bon moment ».

Data vs la saleté dans les rues

  • 96% des 22 000 miles de Los Angeles sont « à peu près propres ». Un résultat loin d’être satisfaisant pour Eric Garcetti, son maire, qui veut atteindre les 100%. Résultat, depuis avril, chacune des rues est notée de 1 à 3 selon sa propreté. Ce suivi, qui entre dans le programme Clean Streets Initiative est déjà utilisé par d’autres communes comme New York, Philadelphie ou San Francisco. Mais celui de L.A. intègre une nouveauté de taille : le CleanStat Index, un indice établi mensuellement grâce à une vaste collecte de données.