Dans un contexte planétaire aujourd’hui plutôt anxiogène avec l’emballement des émissions de CO2…à rebours des engagements pris lors de la COP 21, le groupe AFNOR et BVA, créent, en partenariat avec Les Echos Executives, l’Observatoire des Démarches RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise) en France.

Le système économique actuel produit du réchauffement climatique et met en danger l’existence même de l’être humain sur la planète. Ainsi, après trois années de quasi-stabilité, de 2014 à 2016, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2), liées aux activités humaines, repartent à la hausse, avec un niveau historique de 37,1 milliards de tonnes en 2018 (Rapport GIEC-octobre 2018).

Pour faire face à cet enjeu, les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations-Unies sont un appel à agir au niveau étatique, qui incite chaque membre de la société à contri­buer, y compris les acteurs économiques.

Depuis déjà plus de 15 ans, acteurs publics et privés se sont mobilisés en France pour se mettre en ordre de marche et contribuer au développement durable. L’élaboration collective de la norme internationale ISO 26000 a fixé dès 2010 un premier cadre, une première voie. Plus de 800 TPE, PME, grands groupes et acteurs publics territoriaux s’appuient dessus aujourd’hui encore, avec l’aide du groupe AFNOR.

Le dispositif d’étude mis en place vise à décrire/ analyser les pratiques durables des organisations qui se disent engagées en RSE et identifier les attentes d’accompagnement en la matière.

  • Sur quels enjeux les organisations se sont-elles engagées ? Avec quels types d’actions ? Pour quels bénéfices ?
  • Comment parlent-elles de leurs engagements ? Auprès de quels publics ? Avec quels éléments de preuve ?
  • Quels sont leurs axes de développement ? Quels sont leurs besoins et attentes d’accompagnement ?

Il s’appuie sur une étude on Line réalisée du 11 septembre au 8 octobre 2019 auprès de 408 organisations ayant déclaré s’être engagées dans une démarche de Responsabilité Sociétale de toutes tailles, secteurs d’activité ou ancienneté d’engagement.

Qu’apprend-on alors dans le cadre de cet observatoire ?


La RSE : un enjeu essentiel et des préoccupations centrées sur les problématiques environnementales, RH ou économiques :

  • 72% des interviewés considèrent la RSE comme un enjeu essentiel ou très important,
  • Leurs préoccupations sont avant tout centrées sur l’environnement, les ressources humaines ou le développement économique, les aspects sociaux et solidaires apparaissent plutôt en retrait : les 5 enjeux jugés comme les plus importants sont :
    1. La limitation de l’impact sur l’environnement
    2. La gestion des ressources humaines (carrière, formation, employabilité, diversité, diversité, insertion, santé,..)
    3. Le développement économique et l’ancrage local
    4. L’écoute et la prise en compte des parties prenantes
    5. L’information et la transparence vis à vis des parties prenantes

Un engagement de Responsabilité Sociétale souvent initié en réponse à des enjeux internes…mais non dénué d’ambition « business » :


  • Des facteurs déclencheurs d’abord guidés par l’interne.. mais connectés à des enjeux de développement :
    1. Valoriser des initiatives ou démarches existantes dans l’organisation (55%)
    2. Fédérer les collaborateurs autour d’un projet commun (44%)
    3. Renforcer la confiance des parties prenantes (41%)
    4. …prendre un avantage concurrentiel (38%) ou améliorer l’image de l’entreprise (32%)

Un cheminement progressif articulé autour de 4 étapes ou stades de maturité…


  • Une ancienneté d’engagement de 5 ans et demi en moyenne mais très variable d’une organisation à l’autre : plus de 10 ans pour 18% et moins d’1 an pour 16%
  • Un nombre élevé d’actions : 11 actions déclarées en moyenne sur la liste des 21 proposées couvrant les différents champs d’action suivants :
    • En matière d’environnement : réduction des déchets (62%), réduction de la consommation d’eau et d’énergie (56%) et réduction des émissions de CO2 (44%)
    • Au plan social : hygiène & santé des parties prenantes (69%), conditions de travail (66%), égalité hommes femmes (64%)
    • Au plan sociétal : ancrage & développement local (57%), réflexion sur la raison d’être (53%), actions anti-corruption (49%)
  • Un parcours d’engagement qui positionne deux prérequis à une démarche RSE : le tri des déchets et la conformité réglementaire. Suit une diversification des actions et la prise en compte de sujets de plus en plus pointus. On distingue au final 4 niveaux de maturité :
    • Les jeunes pousses (12%):  des actions éparses portées par des collaborateurs centrées sur  l’ancrage ou développement local (2 ans ancienneté, moins de 5 actions)
    • Les arbustes (23%): un début de structuration qui s’ouvre sur les questions de conditions de travail, diversité & handicap, parties prenantes (3 à 4 ans d’ancienneté, 5 à 9 actions)
    • Les peupliers (38%): développement d’engagements proactifs singuliers : réduction des déchets,maitrise des consommations, égalité hommes-femmes, raison d’être,.. (5 à 6 ans d’ancienneté, 10 à 14 actions)
    • Les chênes (27%): approfondissement et globalisation : réduction des émissions, protection de la biodiversité, achats responsables, économie circulaire,.. (8 ans d’ancienneté, 15 à 21 actions)

Un parcours d’engagement exigeant jonché d’embuches qui nécessite du temps et des efforts …mais produit rapidement de nombreux bénéfices décuplés dans le temps


  • Un parcours d’engagement exigeant … :
    • Seuls 41% considèrent la mise en place de leur démarche RSE comme facile
    • Le manque de temps (55%), la difficulté à mobiliser les collaborateurs en interne (52%), le manque d’expérience/références ou expertises (50%) ou la difficulté à projeter les bénéfices (47%) sont les principales difficultés rencontrées
  • …Une difficulté qui tend toutefois à s’estomper au fil de l’avancement :
    • Une difficulté au départ centrée sur l’enjeu de la mobilisation qui tend à se déplacer vers la complexification des leviers d’action
    • Au final 56% des « chênes » considèrent que c’est facile contre 17% des « jeunes pousses »
  • …Et un engagement qui produit rapidement des bénéfices, dès les deux premières années (jeunes pousses) :
    • Renforcement de l’engagement des collaborateurs (80%), dont 52% pour les « jeunes pousses » et 90% pour les « chênes »
    • Développement de l’activité (80%), dont 57% pour les « jeunes pousses » et 90% pour les « chênes »
    • Innovation (78%), 62% pour les « jeunes pousses » et 87% pour les « chênes »
    • Différenciation (75%), 48% pour les « jeunes pousses » et 82% pour les « chênes »
  • Des bénéfices économiques qui se renforcent avec le temps
    • Rentabilité : 49% « chênes » (vs 19% « jeunes pousses »)
    • Développement du CA : 44% « chênes » (VS 19% « jeunes pousses »)
    • Embauches : 54% « chênes » (vs 24% » jeunes pousses »)

La valorisation de la démarche RSE : un must


  • 90% des professionnels considèrent la valorisation comme importante et 66% essentielle ou très importante ; une importance ressentie qui croit avec l’engagement : 51% jeunes pousses et 78% chênes
  • Une valorisation principalement réalisée via les labels (48%), communiqués de presse (44%), rapport DD (43%), références (37%)

Iso 26 000 : le référentiel unanimement reconnu


  • Un texte connu par 93% des professionnels dont 76% qui déclarent savoir de quoi il s’agit exactement
  • Engagé RSE est le label RSE suite à évaluation sur site le plus connu avec 76% devant Lucie (65%), Ecocert (64%). Eco Vadis (64%) est le label RSE le plus connu des dispositifs d’évaluation à distance, devant e-engagé RSE (51%) et B Corp (43%).

Pour finir, les interviewés expriment spontanément des attentes de support et d’accompagnement opérationnel pour faciliter le cheminement et renforcer les bénéfices des actions engagées :

  • Conseils et accompagnement
  • Partage d’expériences
  • Labels ou référentiels sectoriels