Si les Français jugent majoritairement qu’un enfant peut être élevé dans de bonnes conditions quelle que soit la configuration parentale, ils sont plus réservés à l’égard des couples homosexuels qu’ils placent au même niveau que les foyers monoparentaux

Pour 98% des Français, un enfant peut être élevé dans de bonnes conditions par un couple hétérosexuel. Les opinions restent réservées à l’égard des couples homosexuels, placés au niveau, voire en deçà, des foyers monoparentaux sur cette question. Ainsi, 78% des Français jugent qu’un enfant peut être élevé dans de bonnes conditions par une femme célibataire, 74% par un couple homosexuel féminin, 72% par un couple homosexuel masculin et 71% par un homme célibataire.

Près de 6 Français sur 10 se déclarent favorables à la PMA, pour les femmes en couple homosexuel (58%) ou les femmes seules (56%)

58% des Français se déclarent favorables à la PMA pour les couples homosexuels féminins. Le soutien de l’opinion sur cette question est au plus haut et en nette progression en comparaison à la période heurtée du débat sur le Mariage pour tous (janvier 2013 : 46%). 56% des Français se disent également favorables à la PMA pour les femmes seules.

Si la part de Français favorables à la GPA est majoritaire (55%) et continue de progresser, une part non négligeable des « favorables » conditionneraient la GPA à certaines situations

55% des Français se déclarent aujourd’hui favorables à la GPA soit 5 points de plus qu’en décembre 2016 et une hausse très significative en comparaison à décembre 2014 (43%) et à février 2013 (39%). Si la part de Français favorables à la GPA progresse donc et devient majoritaire, il est important de souligner que le soutien à la GPA n’est pas inconditionnel chez ses partisans. En effet, uniquement 32% des Français sont favorables à la GPA pour les couples hétérosexuels et homosexuels sans distinction. 23% des Français sont favorables à la GPA mais sous certaines conditions. Ils la restreindrait notamment aux couples hétérosexuels ayant un problème médical (15%).

62% des Français se déclarent favorables à une inscription directe dans l’Etat civil français des enfants nés de GPA à l’étranger

Ce sujet est très clivé politiquement. 72% des sympathisants LFI, 89% des sympathisants PS et 79% des sympathisants LREM se déclarent favorables à l’inscription directe dans l’Etat civil français de ces enfants. A l’inverse, 65% des sympathisants LR et 52% des sympathisants FN se sont déclarés opposés à l’inscription directe dans l’Etat civil français des enfants nés de GPA à l’étranger.

62% des Français favorables à ce que les femmes puissent congeler leurs ovocytes

Si ce sujet rencontre de forts clivages par âge (72% de favorables chez les moins de 35 ans contre 59% chez les 65 ans et plus) et par proximité partisane (81% de favorables chez les sympathisants LFI contre 49% chez les sympathisants FN), c’est auprès des personnes ayant une pratique religieuse régulière que le soutien à cette proposition est le plus bas (42%).

Des Français très partagés sur la stricte conservation de l’anonymat des donneurs alors que le maintien de la gratuité fait consensus

87% des Français souhaitent que soit conservée la gratuité du don pour éviter des dérives commerciales alors que 11% se sont déclarés en faveur d’une indemnisation des donneurs pour éviter les pénuries (2% ne se sont pas prononcés).

Le débat est par contre plus nourri en ce qui concerne l’anonymat des donneurs. 50% des Français sont favorables à ce que soit conservé strictement l’anonymat des donneurs alors que 48% se disent favorables à autoriser la levée de l’anonymat sous certaines conditions (accord préalable du donneur notamment).

Pour 67% des Français, la France est plutôt en retard en matière de bioéthique

Parmi les Français qui jugent que la France est en avance, on trouve notamment l’opinion selon laquelle la France prend le recul nécessaire à la réflexion : « On ne prend pas des décisions à la légère… Les problèmes sont posés et on ne cède pas à la facilité. »

Parmi les Français qui estiment que la France est en retard, on trouve l’idée que la France est trop conservatrice et la classe politique trop frileuse sur ces sujets : « Les questions de bioéthique sont trop influencées par des groupes de pression qui prétendent avoir raison au seul titre de leur pensée ou de leurs croyances. »