BVA, en partenariat avec La Tribune, RTL, La Presse Régionale et Orange propose un bilan qui combine l’analyse d’un an de données de sondages et les résultats d’un sondage spécifique sur la première année de quinquennat

Les points clés :

  • Une popularité en baisse mais qui résiste néanmoins au bout d’un an par rapport à ses derniers prédécesseurs
  • L’image d’un président réformateur et une proportion de Français « attentistes » non négligeable
  • Un bilan paradoxal, entre un jugement global assez sévère et des mesures majoritairement approuvées dans le détail
  • Quelques mesures impopulaires qui ont marqué les esprits et impactent négativement le bilan de cette première année

 

MAI 2017 – MAI 2018 : LA FABRIQUE D’UN PRÉSIDENT

Cette première année de quinquennat s’articule schématiquement autour de 5 « grandes séquences » :

  1. Un très bref état de grâce : on salue le « dynamisme », la « jeunesse » et la capacité d’Emmanuel Macron à « redorer le blason de la France ». C’est d’ailleurs sur cette dimension qu’Emmanuel Macron est aujourd’hui le mieux évalué : 6 Français sur 10 jugent que son action pour restaurer le rôle de la France dans le monde depuis 12 mois est « plutôt un succès ».
  2. Rentrée 2017 : sa popularité s’effondre (-11 points entre juillet et août), parallèlement à l’annonce de mesures impopulaires (ISF, APL…). L’expression « Président des riches » émerge dans l’opinion.
  3. Automne 2017 : Emmanuel Macron tient bon sur la réforme du Code du travail et retrouve du crédit dans l’opinion. Il est perçu comme celui « qui tient ses engagements ».
  4. Hiver 2017-2018 : Emmanuel Macron décroche à nouveau dans l’opinion, en lien avec de nouvelles mesures impopulaires (CSG, limitation de vitesse à 80 km/h). Une partie de l’opinion développe le sentiment qu’il est « déconnecté de la réalité des Français ». Seuls 26% des Français estiment aujourd’hui qu’il est « proche des gens ».
  5. Printemps 2018 : la popularité présidentielle retrouve des couleurs, en pleine grève à la SNCF. Certains Français saluent sa « ténacité malgré l’opposition », quand d’autres déplorent sa « brutalité dans sa façon d’imposer les réformes ». Deux visions d’une même méthode.

 

EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT RÉFORMATEUR, QUI A SU PARTIELLEMENT SUSPENDRE L’IMPATIENCE DES FRANÇAIS

  • Près de 2 Français sur 5 (39%) estiment que le gouvernement mène les réformes au bon rythme, 1 sur 5 (19%) qu’il ne va pas assez loin et plus d’un tiers (35%) qu’il va au contraire trop loin.
  • Emmanuel Macron peut compter sur un socle de soutiens solide (20%). Près de 4 Français sur 10 s’opposent à l’inverse à l’action menée par l’exécutif (38%). Mais la part la plus importante est celle des Français qui, après un an de quinquennat, déclarent encore attendre de voir quels seront les résultats pour se prononcer (41%). Emmanuel Macron a réussi une quasi-prouesse : dilater le temps politique et suspendre provisoirement l’impatience des Français.

 

UN PREMIER BILAN EN DEMI-TEINTE ET PARADOXAL

  • Près de 6 Français sur 10 se déclarent plutôt mécontents de cette première année de mandat (57%) et la note moyenne attribuée par les Français au Président pour juger son action depuis son élection est de 8/20, soit 1 point de plus seulement que François Hollande à la même période (7/20).
  • Cette sévérité se confirme lorsque l’on interroge les Français domaine d’action par domaine d’action. Seule l’action menée par le Président pour restaurer « le rôle de la France dans le monde » est majoritairement saluée comme un succès (59%).
  • Pourtant, quand on rentre dans le détail des mesures, décisions ou projets initiés par Emmanuel Macron, le bilan est tout autre. Sur 16 propositions, 10 sont évaluées positivement, avec des taux de satisfaction compris entre 50% (réforme de l’accès à l’université) et 78% (réduction du nombre de parlementaires et des mandats consécutifs).

 

DES MESURES EMBLÉMATIQUES ET CLIVANTES QUI VIENNENT GREVER LE BILAN GÉNÉRAL

  • Ce paradoxe s’explique par le fait que certaines mesures, emblématiques, pèsent plus que d’autres dans le bilan. Lorsque l’on demande aux Français de citer spontanément LA mesure prise par Emmanuel Macron au cours de ces 12 premiers mois qui les a le plus marqués, près d’1 sur 4 cite spontanément l’augmentation de la CSG, première mesure citée, qui est aussi la mesure la plus impopulaire (82% d’insatisfaits) ; et près de 8% citent le remplacement de l’ISF par l’IFI (4ème mesure citée spontanément), mesure parmi les moins populaires également (70% d’insatisfaits). Ce sont précisément ces mesures, plus impactantes, qui sont venues nourrir l’image de « Président des riches ».
  • Plus de 8 Français sur 10 déclarent d’ailleurs aujourd’hui ne pas avoir le sentiment de bénéficier personnellement de la politique mise en œuvre par Emmanuel Macron et le gouvernement.

 

ET DEMAIN ?

  • Les Français sont assez partagés quant à la capacité d’Emmanuel Macron à redresser la France au cours des 4 années restantes de son mandat : 42% y croient, 55% n’y croient pas. Certes, les pessimistes sont majoritaires, mais bien moins que s’agissant de François Hollande après un an de quinquennat (seuls 26% croyaient alors à sa capacité de redresser le pays).