BAROMÈTRE QUOTIDIEN DE SUIVI DE LA CRISE DU COVID 19
COMMENT LES FRANÇAIS VIVENT-ILS LA PÉRIODE ACTUELLE ?

 

Vagues 48 – 5 mai 2020

 

Le 11 mai en perspective apporte son lot d’impatiences, d’incertitudes, d’espoirs et peut-être de déceptions.

Le moral des Français est particulièrement affecté par les perspectives à court, et moyen termes : le moral des Français a tendance à s’affaiblir au fur et à mesure qu’approche le 11 mai. Plafonné à 6,2 depuis quelques jours, il est cependant plus élevé chez ceux qui pensent que « les choses vont rester stables » ou que « le pire est derrière nous » (6,5).

Le déconfinement porte le risque d’une sur-promesse :

  • Les opinions sur l’évolution de la situation semblent se polariser davantage, 41% envisagent que « le pire est devant nous », en hausse de 2 points à contre-courant de la tendance des derniers jours, quand 18% pensent que « le pire est derrière nous », à son plus haut niveau depuis le 19 mars. Au final, seuls 31% pensent que « les choses vont rester stables » (en baisse de 3 points).
  • L’imminence du 11 mai et les incertitudes quant aux conditions du déconfinement pèsent sur la manière dont les Français appréhendent le quotidien et l’avenir : les Français considèrent qu’il est aujourd’hui moins facile de « faire ses courses » (54%), « prendre soin de sa santé » (57%) ou encore « travailler de chez soi » (67%). Plus encore, face aux incertitudes sur les conditions de reprise dans l’éducation, les parents d’enfants ne sont plus que 60% à considérer qu’il est facile « de s’occuper de ses enfants ».

 

Confrontés à l’imminence de la reprise d’activité, au durcissement des conditions du chômage partiel qui s’annoncent en juin mais aussi à une reprise des scolarités encore incertaine, les Français sont de plus en plus aux prises avec des injonctions paradoxales qui peuvent à terme exacerber leur difficultés d’organisation et influer sur leur opinion.

La confiance dans la qualité des informations fournies par les médias et les pouvoirs publics se dégrade, atteignant son plus bas niveau depuis le début de la crise avec 32% pour les pouvoirs publics, 30% pour les médias (-3 pts). Les cartes de départements colorées et leurs incidences, les polémiques sur les transports publics et leur fonctionnement, les doutes sur les conditions du déconfinement (collectivement et individuellement) pèsent aujourd’hui négativement sur les opinions alors même que les Français ont de plus en plus conscience de la réalité des changements à venir.

La confiance dans la manière dont l’exécutif gère la crise est au plus bas depuis le 19 mars (30%). L’enjeu opérationnel du déconfinement se double d’un enjeu politique, garantir la crédibilité de l’action du gouvernement.