BAROMÈTRE DE SUIVI DE LA CRISE DU COVID 19
COMMENT LES FRANÇAIS VIVENT-ILS LA PÉRIODE ACTUELLE ?

 

Vague 66 – 25 juin 2020

Les résultats enregistrés cette semaine dans notre baromètre de suivi de la crise du Covid-19 s’inscrivent dans la droite ligne de ceux mesurés la semaine dernière. Ils confirment la résurgence d’une certaine inquiétude sanitaire chez les Français, en plus des craintes économiques toujours présentes :

De nombreux indicateurs continuent de se détériorer ou ne s’améliorent plus : 

  • La proportion de Français qui estiment que dans cette crise « le pire est devant nous » poursuit sa hausse (+ 6 pts en une semaine), après plusieurs semaines consécutives de baisse, et remonte à un niveau proche de celui mesuré le 11 mai. Ce sentiment est partagé par 35% des Français, c’est 10 points de plus qu’il y a 3 semaines. Et c’est surtout désormais un sentiment à nouveau plus répandu que l’idée selon laquelle que « la situation va rester stable » (34%, -5 pts). Le sentiment que « le pire est derrière nous » reflue quant à lui à 20%, après avoir atteint 32% il y a 15 jours.
  • Parallèlement, la peur d’attraper le coronavirus se maintient au même niveau depuis 15 jours, après avoir diminué continuellement pendant un mois. Les 2/3 des Français (66%) déclarent toujours avoir peur d’attraper ou qu’un membre de leur famille n’attrape le coronavirus. Cette peur est majoritaire au sein de toutes les catégories de la population et un peu plus prégnante chez les femmes (70% contre 62% des hommes), chez les 25-34 ans (73%) et en Ile-de-France (71% contre 61% seulement dans le Sud-Ouest et dans le Sud-Est où l’inquiétude est la moins palpable).
  • La proportion de Français qui anticipent une 2ème vague d’épidémie qui conduira à un nouveau confinement s’envole après une première hausse significative la semaine dernière : ce sont désormais 74% des sondés qui redoutent cette possibilité. C’est 20 points de plus qu’il y a 2 semaines et un niveau comparable à ce que nous enregistrions lors des premières mesures de cet indicateur en mai.
  • On observe pour autant un léger relâchement dans les comportements : seuls 46% des sondés déclarent appliquer « tout à fait » strictement les recommandations sanitaires qui accompagnent le déconfinement (gestes barrières, port du masque dans certaines circonstances, distanciation sociale…), soit 3 points de moins que la semaine dernière. Ce sont les personnes âgées de 65 et plus qui les appliquent le plus strictement (53% « tout à fait » contre 36% seulement des 18-24 ans).
  • Dans ce contexte d’inquiétude croissante, moins d’1 Français sur 2 (49%, -6 pts) estiment désormais que nous reviendrons à une vie normale dès 2020. A l’inverse, 36% des personnes interrogées anticipent un retour à une vie normale en 2021 seulement, c’est 10 points de plus qu’il y a un mois.
  • En dépit de ces évolutions et parallèlement à l’accélération du déconfinement, les Français affichent un moral plutôt bon et en tout cas à son meilleur niveau depuis le début de la crise : la note moyenne pour refléter son état d’esprit est de 6,8/10.

Les craintes économiques restent très fortes :

  • Au niveau macro-économique, près de 8 Français sur 10 se déclarent toujours inquiets en ce qui concerne la situation économique de la France (78%).
  • L’inquiétude reste également palpable au niveau « micro-économique » même si, assez classiquement (on enregistre souvent, dans les études d’opinion, un décalage entre la perception des individus pour la France vs pour eux-mêmes), elle apparaît moins vive : 4 Français sur 10 se déclarent inquiets en ce qui concerne la situation financière de leur foyer dans les semaines qui viennent (38%, -4 points). L’inquiétude apparaît beaucoup plus marquée chez les femmes (44% contre 32% des hommes), chez les ouvriers (59%) et les employés (45%).
  • 3 salariés sur 10 sont inquiets quant à la capacité de leur entreprise à faire face à la crise (29%). L’inquiétude retrouve son plus haut niveau depuis le début de la crise alors que les conséquences du Covid-19 sur l’économie font redouter de plus en en plus de faillites et de licenciement et que les premières annonces à ce sujet se multiplient.