BVA et la Banque Européenne d’Investissement dévoilent les résultats de la quatrième édition de l’étude sur le climat réalisée auprès de plus de 30.000 personnes dans les 27 pays de l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Chine et aux Etats-Unis. Cette édition montre que les Français sont de plus en plus convaincus que leur comportement individuel peut faire la différence pour lutter contre le changement climatique, affirmant ainsi très majoritairement faire le maximum pour le climat. Cependant, la réalité est différente. S’ils font davantage que leurs voisins européens en matière de consommation, ils ne prennent pas aussi souvent en compte le climat dans des domaines comme le vote, la recherche d’un emploi ou d’une banque, ou le choix d’une destination de vacances.

Les Français sont davantage conscients de l’impact de leur comportement personnel dans la lutte contre le changement climatique

68% des Français affirment désormais que leur propre comportement peut faire la différence dans la lutte contre le changement climatique. Bien que ce résultat soit encore inférieur à la moyenne européenne (75%), il a progressé de 8 points par rapport à l’année dernière. Les femmes (70%), les 15-29 ans (73%), les parents (77%) et les citadins (72%) sont davantage convaincus de l’effet de leur comportement.

Une large majorité de Français pense également faire tout son possible pour lutter contre le changement climatique dans sa vie quotidienne (80%). Le contraste est saisissant avec ce qu’ils pensent de leurs concitoyens : selon eux, seuls 42% des Français font de même. Les 65 ans et plus sont plus nombreux à dire qu’ils font tout ce qu’ils peuvent (84%) que les 15-29 ans (75%).


Le sujet du changement climatique influence les relations intergénérationnelles

48% des Français ont refusé d’acheter un produit ou un service pour leurs enfants ou petits-enfants en raison de son impact négatif sur le changement climatique. 39% ont de même été critiqués par leurs enfants ou petits-enfants pour un comportement ayant un impact négatif sur le changement climatique, une expérience plus fréquente que dans le reste de l’Europe (32%).

 

En pratique, une prise en compte inégale de l’enjeu climatique

Si les Français déclarent largement faire le maximum pour le climat, les résultats montrent que ce n’est pas toujours le cas et que la marge de progression est encore importante.

C’est en matière de consommation que les Français semblent les plus actifs face à l’enjeu climatique. 77% d’entre eux déclarent prendre en compte cette question lors de l’achat d’un produit ou d’un service. Plus précisément, ils se démarquent assez nettement par rapport à leurs voisins européens :

  • 72% achètent moins d’articles importés de pays lointains (+2 par rapport à la moyenne européenne)
  • 63% ont cessé d’acheter un produit ou d’utiliser un service en raison de son impact négatif sur le changement climatique (+4)
  • 61% ont réduit leur consommation de viande (+4)
  • 56% achètent des produits d’occasion plutôt que des articles neufs (+7), et 51% achètent des vêtements d’occasion plutôt que des vêtements neufs (+9) – une pratique plus répandue chez les femmes et les personnes de la classe ouvrière.
  • En ce qui concerne l’alimentation, 89% tiennent compte de la saisonnalité des produits (=) ; en revanche, ils accordent moins d’attention à l’emballage durable ou zéro (84% ; -2).

 

 

Néanmoins, dans les domaines autres que la consommation, les Français prennent moins en compte la question climatique que leurs voisins européens :

  • 65% lorsqu’il s’agit de voter (-5 par rapport à la moyenne européenne)
  • 64% lorsqu’il s’agit de choisir une destination de vacances (-3)
  • 40% lorsqu’il s’agit de rechercher un emploi (-3)
  • 40% lorsqu’il s’agit de choisir une banque ou de placer ses économies (-5).

La jeune génération est néanmoins plus disposée à prendre en compte le critère climatique pour ces actions : parmi les 20-29 ans, 72% prennent en compte la question du changement climatique pour choisir une destination de vacances, 52% pour choisir une banque ou investir leurs économies et 53% pour chercher un emploi.


En matière de mobilité future, les projets des Français n’intègrent pas totalement la question climatique

Lorsqu’ils se projettent à l’été prochain, et en supposant que la crise du COVID-19 soit maîtrisée, les Français sont nombreux à penser qu’ils prendront l’avion (39%, avec 53% des 15-29 ans et 52% des classes supérieures) plutôt que de se rendre dans un pays voisin (20%). Seuls 22% ne prévoient pas de prendre l’avion cette fois-ci (24% pour la moyenne européenne). 39% continueront à ne pas prendre l’avion, comme avant la pandémie.

En ce qui concerne l’achat futur d’une voiture, les Français préféreraient un véhicule diesel ou à essence (30%) – beaucoup plus que dans les autres pays européens (24%). Un véhicule hybride serait également une option pour 28%, devant un véhicule électrique (17%). Seuls 5% remplaceraient leur voiture par un vélo ou les transports en commun.