BVA et la Banque Européenne d’Investissement dévoilent les résultats de la quatrième édition de l’étude sur le climat réalisée auprès de plus de 30.000 personnes dans les 27 pays de l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Chine et aux Etats-Unis. Cette édition montre que les Français voient principalement la transition écologique comme une source d’opportunités – à l’exception du pouvoir d’achat. Globalement, ils n’anticipent pas de bouleversements radicaux dans les modes de vie d’ici 20 ans, ce qui les amène à dire que le changement climatique restera un problème majeur en 2050. Cette opinion est plus largement partagée que dans les autres pays européens, avec une anticipation plus forte de la nécessité future de devoir déménager à cause du changement climatique.

 

La transition écologique est perçue comme une source d’opportunités, à l’exception de son impact sur le pouvoir d’achat

La majorité des Français sont optimistes quant à l’impact perçu des politiques publiques de lutte contre le changement climatique :

  • 59% pensent que ces politiques vont améliorer leur qualité de vie, une opinion plus répandue chez les femmes (64%), les 15-29 ans (68%) et les professions intellectuelles supérieures (65%), à l’inverse des 50-64 ans (52%).
  • 55% pensent qu’elles créeront plus d’emplois qu’elles n’en supprimeront.
  • 55% pensent qu’elles seront une source de croissance économique et de richesse pour le pays.

Si l’opinion des Français ne se distingue pas des autres Européens sur ces points, ils sont beaucoup plus critiques sur un sujet : le pouvoir d’achat. En effet, pour 72% d’entre eux, les politiques publiques de lutte contre le changement climatique auront tendance à réduire leur pouvoir d’achat (+10 points par rapport à la moyenne européenne). Cette perception est plus marquée chez les personnes âgées de 65 ans et plus (87%), les personnes vivant en milieu rural (78%) et, paradoxalement, les classes supérieures (77%). Le terrain d’enquête a été réalisé en septembre 2021, mais le pouvoir d’achat apparaissait déjà comme une préoccupation pour les Français et n’a cessé de prendre de l’importance depuis.

 

 

 

Dans 20 ans, les Français envisagent une évolution inégale des modes de vie

Lorsqu’ils se projettent dans 20 ans, les Français imaginent que la lutte contre le changement climatique impliquera un changement des modes de vie. Ils prévoient toutefois des changements d’intensité variable.

En matière de transport, 68% des Français pensent que la plupart des gens posséderont une voiture électrique ou à hydrogène (-5 points par rapport à la moyenne européenne) et 34% pensent que la plupart des gens ne posséderont plus de voiture.

En ce qui concerne le travail, 62% imaginent que la plupart des gens feront du télétravail.

47% pensent qu’il y aura un quota d’énergie alloué à chaque citoyen et 32% pensent que la plupart des gens auront adopté une alimentation à base de plantes (-4 points par rapport à la moyenne européenne).

Les 15-29 ans, les citadins et les parents d’enfants sont plus nombreux à imaginer de nets changements dans les modes de vie en termes d’alimentation, de quotas énergétiques et de fin de la possession d’une voiture individuelle.

 

Le changement climatique restera un enjeu important en 2050 selon les Français

Sur le long terme, les Français sont plus pessimistes que leurs voisins européens : 72% pensent que le changement climatique sera toujours un problème majeur en 2050, contre 66% des Européens. Seuls 24% pensent que le problème sera sous contrôle (30% des 15-29 ans) et 3% qu’il sera résolu.

37% anticipent même des conséquences personnelles en pensant qu’ils seront amenés à déménager dans une autre région ou un autre pays à l’avenir à cause du changement climatique ; un résultat beaucoup plus élevé que dans les autres pays européens (29%). Les 15-29 ans (55%), les Franciliens (52%) et les urbains (54%) apparaissent davantage concernés.

Par ailleurs, 25% des Français s’inquiètent de perdre leur emploi à l’avenir en raison de son incompatibilité avec la lutte contre le changement climatique. Cette perception varie toutefois en fonction du type de travail exercé : 37% des employés et ouvriers sont concernées, contre 29% des professions supérieures.