Des intentions de vote dispersées derrière le Rassemblement national (21%) et La République En Marche (20%)

Si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain en France, les intentions de vote des Français se porteraient fortement vers les listes du Rassemblement national (21%) et de La République En Marche et du MoDem (20%). Ces deux listes devancent nettement celles des Républicains (12%) et de La France Insoumise (10%), indiquant que la « quadri-polarisation » de l’électorat observée au 1er tour de l’élection présidentielle de 2017 semble aujourd’hui un scénario peu envisageable pour le scrutin européen.

Plus en retrait, dans le contexte de la mobilisation des « Gilets jaunes », les listes de Debout la France et d’Europe-Ecologie-les-Verts recueilleraient 7% des suffrages exprimés, juste devant le Parti socialiste et Génération.s qui font jeu égal à 5% des intentions de vote.

54% des Français se déclarent intéressés par les élections à venir

Le niveau d’intérêt pour les élections européennes varie significativement selon les régions : il est de 60% en Occitanie et de 58% en Ile-de-France et en PACA mais nettement plus restreint en Bretagne (47%), dans les Pays de la Loire (48%) et les Hauts-de-France (48%).

Seuls 11% des Français pensent que cette élection pourra changer quelque chose à leur situation personnelle

Les Français se montrent assez peu convaincus de l’impact potentiel de l’élection à venir.

  • 33% uniquement jugent que les élections européennes vont changer quelque chose à la situation actuelle de l’Europe et 27% à la situation actuelle de la France, un dernier résultat assez stable en comparaison à notre mesure de mai 2014 (25%).
  •  Encore en retrait, seuls 11% des Français estiment que les élections à venir vont changer quelque chose à leur situation personnelle, un score qui illustre la distance entre les Français et le scrutin européen.

Des élections sur lesquelles le contexte national pourrait fortement peser…

Réalisé dans un contexte de forte mobilisation des « Gilets jaunes », notre sondage indique aujourd’hui que le vote des Français aux élections européennes pourrait être fortement lié au contexte national. 37% des Français déclarent aujourd’hui que leur vote aux élections européennes sera destiné à faire part de leur opposition à l’action menée par le gouvernement, un résultat très supérieur à ce que nous mesurions sur cet indicateur en mai 2014 (18%) et en mai 2009 (18%). A contrario, 8% des Français voteront pour exprimer leur soutien à la politique actuelle du gouvernement, une opinion partagée par 45% des sympathisants de La République en Marche.

Enfin, 27% des Français déclarent aujourd’hui qu’ils voteront en fonction des enjeux européens, un résultats nettement inférieur à nos mesures passées (mai 2014 : 54%, mai 2009 : 61%) indiquant un important potentiel de « polarisation nationale » du scrutin.

…alors que les thèmes qui compteront le plus dans les choix de vote seraient l’emploi et le pouvoir d’achat.

Parmi les thèmes qui leur ont été proposés, l’emploi (81%) et le pouvoir d’achat (80%) sont ceux qui devraient le plus compter dans les choix électoraux des Français. Ces thématiques devancent notamment les sujets sécuritaires (lutte contre le terrorisme : 77%, sécurité : 76%) et l’immigration (69%) qui constituaient des thèmes de préoccupation centraux encore récemment (le terrain d’enquête ayant été réalisé avant l’attentat de Strasbourg).

Des Français très partagés concernant l’Union européenne : seuls 50% y sont attachés…

Parmi les Français les plus attachés à l’Union européenne on trouve les cadres (66%), les 65 ans et plus (63%), les habitants de l’Ile-de-France (57%), des Pays de la Loire (54%) et de Bourgogne-Franche-Comté (54%). A l’inverse, seuls 43% des habitants des Hauts-de-France et 42% des Normands se disent attachés à l’UE, un attachement inférieur à la moyenne nationale que l’on retrouve chez les 35-49 ans (44%) et les 50-64 ans (45%) de même que chez les employés et ouvriers (33%) ainsi qu’auprès des habitants de communes rurales (42%).

…et 6% uniquement souhaitent qu’elle poursuive son action telle qu’elle est menée actuellement.

Signe d’attentes manifestes d’une réorientation de l’action de l’UE, seuls 6% des Français souhaitent voir l’action menée se poursuivre comme actuellement. Dans cette réorientation de l’action, le souhait est plutôt favorable à un changement important : 20% des Français se déclarent en faveur d’une adaptation de l’action sans changement radical alors qu’ils sont 51% à souhaiter que l’UE revoit en profondeur son action. Enfin, 14% préfèreraient que la France sorte de l’Union européenne (sympathisants RN : 45%, ouvriers : 31%).