Dans le cadre du dispositif BVA – Presse régionale pour les Elections européennes 2019, le sondage « Les Français, l’Union européenne et la question migratoire » constitue le deuxième volet de notre vague d’enquête menée du 26 novembre au 6 décembre auprès de 5456 inscrits sur les listes électorales, issus d’un échantillon de 6006 Français, représentatif de la population nationale âgée de 18 ans et plus.

7 Français sur 10 jugent négativement la politique d’immigration de la France, de même que celle de l’Europe

Les Français se montrent très critiques sur l’action actuellement menée en matière d’immigration par la France et l’Europe. 67% des Français ont une opinion négative de l’action menée par la France en matière d’immigration et 68% ont une opinion négative de l’action menée par l’Europe dans ce domaine.

6 Français sur 10 jugent que l’Union européenne devrait faire preuve de plus de fermeté au sujet de l’accueil des migrants

59% des Français considèrent que l’Union européenne devrait faire preuve de plus de fermeté au sujet de l’accueil des migrants alors qu’ils ne sont que 27% à juger qu’elle devrait faire preuve de plus d’humanisme (14% ne se prononcent pas sur cette question). Aux côtés de ceux de la France Insoumise (54%), les sympathisants Europe-Ecologie-les-Verts (61%) et du Parti socialiste (56%) sont les seules populations dans lesquelles le souhait de plus d’humanisme est majoritaire. On trouve à l’inverse une part plus élevée que la moyenne nationale d’interviewés souhaitant plus de fermeté de l’UE au sujet de l’accueil des migrants dans les Hauts-de-France (66%), la région Grand Est (65%) et la Normandie (63%) ainsi que chez les 50 ans et plus (64%), les employés et ouvriers (62%), les habitants de zones rurales (62%) et périurbaines (63%) ainsi que chez les sympathisants LR (84%) et RN (92%).

Pour 63% des Français, la France accueille trop de migrants et seuls 52% sont aujourd’hui favorables au droit d’asile

Le sentiment que la France accueille trop de migrants est plus diffus encore chez les employés et ouvriers (69%), les personnes se rattachant aux classes populaires (68%) et les habitants de villes périurbaines (67%) ainsi que dans les régions Grand Est (72%), Hauts-de-France (67%), Normandie (67%) et Bourgogne-Franche-Comté (66%). Majoritaire dans toutes les régions, toutes les catégories d’âges, d’agglomérations et d’activités, l’opinion selon laquelle la France accueille trop de migrants est uniquement minoritaire chez les sympathisants LFI (43%), PS (39%) et EELV (31%).

Signe d’une certaine rigidification des opinions sur la question de l’asile, seuls 52% des Français s’accordent sur le fait que la France doit accueillir les réfugiés qui lui demandent l’asile parce qu’ils sont persécutés dans leur pays soit 13 points de moins que dans notre mesure de janvier 2018 auprès de l’ensemble des Français (sondage BVA pour L’Obs) et 23 points de moins en comparaison à l’enquête IPSOS pour le HCR de novembre 1999.

Une majorité de Français sont opposés à l’idée d’accueillir plus de migrants à l’échelon de l’UE et, surtout, aux niveaux français et régional

Seuls 36% des Français seraient favorables à ce que davantage de migrants soient accueillis en Europe et on observe qu’ils sont encore moins favorables à ce que l’on accueille plus de migrants en France (30%) et dans leur région (30%).

Il est important de souligner une différence de résultats selon la classe sociale à laquelle les Français ont le sentiment d’appartenir : si seuls 25% des Français des classes populaires sont favorables à ce que davantage de migrants soient accueillis dans leur région, 54% des Français des classes aisées ont soutenu cette hypothèse. De même, 42% des cadres seraient favorables à ce que davantage de migrants soient accueillis dans leur région contre 24% des employés et ouvriers. La part d’habitants opposés à ce que leur région accueille davantage de migrants est supérieure à la moyenne nationale dans les régions Grand Est (67%), Normandie (66%) et Hauts-de-France (64%).

Pour 67% des Français, la crise migratoire met en danger l’avenir de l’Union européenne

Il est important de souligner qu’une mesure réalisée par l’institut BVA en mars 2016 situait à 80% la part de Français identifiant un danger pour l’avenir de l’UE dans la crise migratoire (sondage BVA pour Orange et iTélé). Si cette opinion est donc en léger reflux, elle n’en demeure pas moins très majoritaire dans la population, plus particulièrement chez les 50 ans et plus (71%), les sympathisants LR (85%) et RN (94%) ainsi que dans les régions Centre-Val-de-Loire (72%), Grand Est (73%), Normandie (73%) et Hauts-de-France (74%).