Les Français et la musique classique<br />La pratique de la musique : réalité et souhaits<br />L’enseignement de la musique à l’école en France

 

MOZART, COMPOSITEUR PRÉFÉRÉ DES AMATEURS DE MUSIQUE CLASSIQUE

Plus d’un Français sur deux (56%) déclare écouter de la musique classique au moins de temps en temps, les plus assidus étant 13%. Sans surprise, le profil des adeptes de musique classique dessine le portrait d’une personne plutôt âgée (78% des personnes de plus de 65 ans écoutent de la musique classique et une sur cinq déclare en écouter souvent), aussi bien masculine que féminine et appartenant davantage aux catégories sociales aisées 69% des cadres au lieu de 38% des ouvriers).

Parmi ces adeptes de musique classique, Wolfgang Amadeus Mozart est sans conteste le compositeur de musique classique préféré (58% de citations) loin devant Beethoven (36%) ou Vivaldi (31%).
Comparé à un sondage réalisé pour l’Express en 2001 auprès de l’ensemble des Français -amateurs ou non de musique classique-, la hiérarchie des compositeurs est restée quasiment la même. Loin de plébisciter des compositeurs peu connus du grand public, les amateurs de musique classique semblent au contraire encore plus admiratifs des talents de W.A Mozart (58% contre 35% de l’ensemble des Français en 2001). W.A Mozart apparaît comme le plus populaire des compositeurs quel que soit l’âge ou le milieu social des répondants.

Néanmoins, certaines catégories de la population affichent des préférences envers certains compositeurs. Il en est ainsi des catégories plutôt populaires qui aiment particulièrement Beethoven (45% des ouvriers, + 9 points par rapport à la moyenne) ou des personnes les plus âgées qui se remémorent plus volontiers les opérettes de Jacques Offenbach (19% de citations, +9 points).

INTERNET, UN NOUVEAU MODE D’ACCÈS À LA MUSIQUE CLASSIQUE … POUR LES PLUS JEUNES

Les modes de consommation de musique classique ne semblent pas, de prime abord, avoir été révolutionnés par l’apparition de l’Internet et du téléchargement possible des
fichiers mp3. Les amateurs de musique classique continuent, en effet, pour 79% d’entre eux à écouter de la musique provenant avant tout de disques achetés de façon classique dans le commerce, diffusée par la radio (62%) ou la télévision (36%). Le téléchargement ne représentant, quant à lui, que 7% des sources de musique classique.

Les polémiques concernant la répression de ce type de pratique aura pu inciter nos interviewés à la prudence et à la sous-déclaration de leur comportement réel mais c’est
avant tout le profil âgé des amateurs de musique classique qui explique le mieux ce faible résultat.

La stabilité apparente des modes de consommation cache en effet une réelle fracture générationnelle entre les plus âgés et les plus jeunes. Les moins de 35 ans sont deux fois plus nombreux à télécharger des fichiers
mp3 (13%) et cette pratique concerne près d’un jeune sur cinq entre 15 et 24 ans (public moins amateur de musique classique il est vrai).
Les autres usages d’Internet comme l’achat en ligne (17%), la recherche d’information (14%) ou l’écoute en ligne d’une radio (9%) demeurent également limités dans l’ensemble de la population mais concernent un nombre
non négligeable de jeunes de moins de 18 ans (respectivement 30%, 42% et 14%).

68% DES FRANÇAIS ONT APPRIS À JOUER D’UN INSTRUMENT DE MUSIQUE OU AURAIENT VOULU
APPRENDRE

Bien plus d’un tiers des Français (37% plus exactement) a appris au cours de sa vie à jouer d’un instrument de musique même si la plupart d’entre eux (27% des Français) en ont abandonné la pratique (contre 10% qui jouent au moins de temps en temps d’un instrument).

Globalement, les personnes qui se sont intéressées à la pratique d’un instrument à un moment donné de leur vie appartiennent aux catégories aisées de la population : la pratique d’un instrument est plus répandue parmi les cadres et professions intermédiaires (46%) que parmi les employés (34%) ou les ouvriers (28%). Elle augmente avec le niveau de revenus (27% parmi les foyers aux revenus les plus modestes contre 44% parmi les foyers aux revenus les plus élevés). C’est une pratique également plus masculine (42%) que féminine (33%). Ce sont par ailleurs les jeunes de moins de 18 ans qui pratiquent le plus à l’heure actuelle (18% jouent au lieu de 10% en moyenne).
Les deux tiers restants des Français, se divisent entre les véritables récalcitrants (32% déclarent que la pratique d’un instrument de musique ne les intéresse pas) et des personnes (31%) qui n’ont jamais appris mais le regrettent.

Il est ainsi amusant de s’intéresser non seulement aux instruments et styles musicaux pratiqués par les Français mais aussi à ceux qui exercent le plus d’attraction auprès de ceux qui ne se sont jamais lancés dans la pratique d’un
instrument et le regrettent. Il en ressort que la musique classique occupe une place de choix non seulement dans l’apprentissage musical reçu par les Français mais aussi dans leurs aspirations profondes.
53% des personnes qui jouent d’un instrument déclarent jouer le plus souvent du classique et 57% de ceux qui aimeraient pouvoir jouer d’un instrument choisiraient de
jouer du classique et ceci même auprès des plus jeunes (un jeune de moins de 25 ans sur deux).
Les aspirations des Français en termes de styles musicaux sont toutefois plus diversifiées que leur pratique réelle : 47% citent le Jazz ou le blues, 35% la Pop Rock et 17% le Reggae contre respectivement 24%, 24% et 8% de praticiens de chaque style musical.
Les pratiques musicales sont parfois clivées selon les différentes catégories de la population. Les hommes ont une prédilection très marquée pour la Pop/Rock (34%
de praticiens) et le Jazz (33%) par rapport aux femmes (respectivement 12% et 15% de praticiennes seulement !). Les Femmes, elles, se tournent plus volontiers vers le classique mais l’écart est ici moindre (59%, soit + 11 points par rapport aux hommes).
En termes d’âge, seul le Rap semble se limiter aux jeunes de moins de 18 ans (14% contre 4% en moyenne) tandis que la Pop/Rock est assez bien partagée par l’ensemble
des catégories d’âge mis à part les plus de 65 ans (5% seulement contre 30% environ pour les plus jeunes).

L’instrument de musique préféré des Français est le piano tant en termes d’aspiration (56% de citations) que de pratique (37%). Sa pratique augmente avec l’âge
(de 33% d’adeptes parmi les plus jeunes à 52% parmi les plus âgés) et est beaucoup plus courante dans les milieux aisés comme les cadres et professions dites supérieures (58%).

En termes de pratique, c’est la flûte qui arrive en seconde position. Cet instrument semble toutefois assez mal aimé puisqu’il attire seulement 5% des personnes qui ne jouent pas d’instrument. Ce sont avant tour les jeunes de moins de 35 ans qui en jouent, laissant supposer qu’il s’agit d’un instrument qui, en raison de son faible coût et de sa praticité fait l’objet d’un enseignement de type scolaire.

Plutôt que la flûte, c’est la guitare que les Français aimeraient pouvoir manier (34% de citations). C’est déjà le cas de 22% des personnes jouant d’un instrument. Il s’agit d’ailleurs plus volontiers d’hommes (30%) que des femmes (12%) et de personnes appartenant aux professions intermédiaires (29%, + 7 points).

Notons enfin que l’accordéon, qui est peu pratiqué aurait grandement motivé les personnes entre 50 et 64 ans (24% au lieu de 12% en moyenne) et le violon tout particulièrement les femmes d’un certain âge (36% des femmes de plus de 50 ans au lieu de 17% en
moyenne).

UN APPRENTISSAGE PAR L’ÉCOLE PLÉBISCITÉ MAIS JUGÉ PEU EFFICACE

Ce sondage s’intéresse par ailleurs à la place de l’école dans l’apprentissage de la musique et notamment de la pratique d’un instrument de musique. La majorité des personnes qui ont appris à jouer d’un instrument l’ont fait
dans le cadre d’une structure (27% à l’école, 25% par des cours particuliers et 16% dans une école de musique) plutôt que tout seul (12%) ou avec l’aide d’un ami (11%). L’admission dans un conservatoire est quant à elle plus restreinte (8%) et plus élitiste (10 points d’écart entre les professions dites supérieures et les autres catégories).

L’école apparaît ainsi comme un des principaux canaux d’apprentissage notamment pour les jeunes (34 % des 24 à 35 ans et 42% des moins de 25 ans) et pour les catégories les plus populaires (48% des personnes de
foyers ouvriers, 42% des foyers d’employés).
Il ne semble toutefois pas que ce soit le canal plus efficace car parmi les musiciens qui n’ont pas abandonné la pratique de leurs instruments, c’est plutôt l’auto-apprentissage qui a primé (28%) ou les cours particuliers (22%) loin devant l’enseignement scolaire (13%) ou même la fréquentation d’une école de musique (13%).

Les Français ont le sentiment que l’enseignement de la musique dans les lycées et les collèges est trop peu développé (64%). C’est un avis particulièrement défendu parmi ceux qui jouent régulièrement de la musique (72%) et ceux qui regrettent de ne pouvoir le faire (68%).
L’enseignement de la musique à l’école est loin d’être remis en cause : une écrasante majorité des Français (94%) estiment que c’est important que les élèves puissent avoir accès à un enseignement musical grâce à l’école. En ce qui concerne l’apprentissage d’un instrument de musique, 72% désapprouvent l’idée que ce ne serait pas le rôle de l’école de l’enseigner. Cet avis est partagé par la majorité de la population toutes catégories confondues même si les personnes les plus âgées se montrent légèrement réticentes (39% des 65 ans et plus se déclarent
d’accord contre 27% en moyenne).
74% des Français sont d’accord par ailleurs pour pointer du doigt le manque de moyens des professeurs de musique. Ainsi, les Français sont convaincus que l’école doit initier les jeunes à la musique et leur apprendre à jouer d’instruments de musique mais ils ne la jugent pas encore assez performante dans ce domaine.

Leïla Boutamine
Département Opinion

 

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