• Une adhésion massive au principe de l’euthanasie
  • L’utilité d’une loi s’impose à l’opinion
  • L’autorisation de l’euthanasie est souhaitée que le patient soit conscient ou non

Une adhésion massive au principe de l’euthanasie

  • Envisager la question de l’euthanasie oblige à confronter des principes en eux-mêmes respectables, mais qui s’opposent en certaines situations. C’est pourquoi il ne paraît pas trop réducteur de demander aux Français un tel arbitrage théorique. Les réponses révèlent une orientation de l’opinion d’une ampleur insoupçonnée.
  • En effet, 86% des Français arbitrent en faveur de la liberté des personnes atteintes de maladies douloureuses et irréversibles de mourir quand elles le désirent, tandis que seuls 11% des Français soutiennent en priorité le caractère sacré de la vie et le devoir de la médecine de maintenir le malade en vie. Il convient de noter que la part des personnes ne sachant pas répondre à cette question est très faible (3%).
  • Sur cette question de principe de nombreux clivages apparaissent. La primauté accordée à la liberté de mourir par rapport au caractère sacré de la vie est plus faible chez les femmes que chez les hommes (84% contre 89%), parmi les personnes disposant d’un diplôme inférieur au bac (84% contre 88% parmi celles titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au bac) et parmi les plus faibles revenus (81% seulement des personnes ayant un revenu inférieur à 1500 euros par mois). Enfin, les sympathisants de gauche adhèrent plus largement au principe de la liberté de mourir que les sympathisants de la droite parlementaire (89% contre 81%), et les personnes se déclarant sans religion que les personnes se déclarant catholique ou d’une autre religion (94%contre 86% pour les catholiques et 66% seulement pour les personnes ayant une autre religion).
  • Par ailleurs, de grandes différences peuvent être observées parmi les catholiques selon la manière dont la religion est pratiquée. Ainsi, 56% des pratiquants catholiques réguliers arbitrent en faveur du principe de liberté de mourir contre 86% des pratiquants occasionnels. Ces résultats méritent d’être considérés comme révélateurs d’un climat très particulier, puisque la position de l’Eglise sur le sujet paraît battue en brèche par une majorité de ses fidèles les plus assidus.

L’utilité d’une loi s’impose à l’opinion

  • 80% des Français estiment qu’une nouvelle loi sur ce sujet est nécessaire ou plutôt utile. Cette nécessité de légiférer est principalement ressentie par les jeunes (92% des moins de 25 ans contre 64% des 65 ans et plus), les professions intermédiaires (88%), les personnes titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au bac (83% contre 78% des personnes n’ayant pas le bac), les sympathisants de gauche (84% contre 73% des sympathisants de la droite parlementaire) et les personnes se déclarant sans religion (86% contre 79% parmi les catholiques et 69% parmi les autres religions). Sur ce point comme sur le précédent, l’implication dans la pratique religieuse joue de manière significative. En effet,une nouvelle loi n’est jugée utile que pour une faible majorité des catholiques pratiquants réguliers (57%), tandis qu’elle l’est massivement par les catholiques pratiquants occasionnels (81%). L’orientation souhaitée de cette nouvelle loi apparaît clairement lorsque l’on considère que plus on privilégie la liberté de mourir sur le caractère sacré de la vie, et plus on demande l’intervention du législateur.

L’autorisation de l’euthanasie est souhaitée que le patient soit conscient ou non

  • Nous avons envisagé deux cas de figure :soit lorsque l’euthanasie est décidée par le patient lui-même, soit lorsqu’elle résulte d’un accord entre le médecin et la famille quand le patient n’est pas conscient.
  • 86% des Français se déclarent favorables à une loi autorisant à mettre fin à la vie de personnes atteintes de maladies douloureuses et irréversibles qui en ont fait la demande tandis que 12% s’y déclarent opposés. Les mêmes clivages que sur les précédentes questions sont ici présents.
  • Si une large majorité de Français est aussi favorable à ce que une loi autorise les médecins avec l’accord de la famille à mettre fin à la vie de personnes atteintes de maladies douloureuses et irréversibles qui ne sont plus conscientes (82%), les clivages habituels sont sur ce points moins apparents. En effet, les personnes ayant un diplôme inférieur au bac y sont plus favorables que celles disposant d’un diplôme équivalent ou supérieur au bac (84% contre 79%), les sympathisants de la droite parlementaire y sont autant favorables que les sympathisants de gauche (82 et 81%) et l’écart entre les catholiques pratiquants réguliers et les catholiques pratiquants occasionnels favorables à une telle loi est moins important que sur les autres questions ( 8 points d’écart contre 26 sur la loi autorisant les médecins à pratiquer l’euthanasie sur la demande des patients).
  • Ces nuances renforcent l’enseignement principal de cette étude, c’est à dire une demande d’encadrement légal de l’euthanasie, dans le sens de l’affirmation de la liberté de mourir pour les patients atteints de maladies douloureuses et irréversibles.

Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion

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