Hausse des taux d’intérêt, plus grande frilosité des banques à accorder des prêts, baisse du pouvoir d’achat, prix des logements élevés, durcissement des réglementations énergétiques… Le contexte immobilier s’avère, en cette fin d’année, peu favorable aux potentiels acheteurs. Alors, dans ce climat, qu’en est-il de la volonté des Français de s’investir dans un projet immobilier ? Et de manière générale, quels sont les principaux freins à leurs yeux pour ceux qui n’envisageant pas cette idée ?

La part des Français affirmant avoir un projet immobilier dans les 12 prochains mois est stable mais des variations sont observées sur le type de projet envisagé

Depuis maintenant plus d’un an, la proportion de Français ayant un projet immobilier dans l’année à venir se stabilise à 16% (part identique depuis août 2021).

Néanmoins, certaines évolutions sont à noter quant à la nature des projets considérés.

Alors qu’elle atteignait, en mars dernier, son niveau le plus élevé depuis la création de l’indicateur Drimki-BVA, la part des Français ayant pour projet d’acheter leur premier logement, parmi les Français ayant un projet immobilier, est en recul 8 mois plus tard (33% ; – 11 points vs. mars 2022). Elle atteint même son niveau le plus bas. Après l’incertitude liée à la crise sanitaire, l’environnement économique actuel semble donc, lui aussi, impacter négativement les aspirations des primo-accédants qui préfèrent différer leur projet.

A contrario, on constate une hausse de la proportion de Français souhaitant investir, en achetant un bien pour le louer : c’est, désormais, le désir d’un quart des Français ayant un projet immobilier dans les 12 prochains mois (24% ; + 9 points vs. mars 2022). L’émergence d’opportunités financières, liées aux périodes de ralentissements économiques, pourrait être à la source de cet accroissement.

Les autres types de projets immobiliers sont, quant à eux, envisagés dans des proportions similaires à celles observées lors du premier trimestre 2022 : 30% des Français ayant un projet immobilier dans les 12 prochains mois souhaitent vendre leur logement pour en acheter un autre, 7% désirent réaliser la même opération mais sans acheter de nouveau logement, 6% aspirent à acquérir une résidence secondaire.

Si l’aspect personnel joue un rôle important dans l’absence de projet immobilier…

Deux tiers des Français n’ayant pas de projet immobilier pour l’année à venir l’expliquent par l’inexistence d’un tel besoin ou le manque d’envie (65%). Les plus âgés sont, assez logiquement, davantage concernés (81%), mais c’est également le cas des personnes les plus aisées (71%) : un résultat traduisant très probablement, pour ces personnes, des blocages moins importants liés à leur situation financière mais aussi peut-être un besoin moins grand dans ce domaine, une part plus importante d’entre eux étant probablement déjà propriétaires.

Les questions financières constituent, en effet, un obstacle non négligeable : 21% des individus n’ayant pas de projet immobilier aujourd’hui le justifient par l’absence d’apport personnel.

…l’impact de la situation économique est également non négligeable

Bien que les éléments personnels (besoin non existant, absence de capital) influent grandement sur le fait d’avoir un projet immobilier ou non, les aspects extérieurs, et notamment économiques, revêtent également une importance forte : 24% des Français n’ayant pas de projet immobilier dans l’année à venir déplorent les prix trop élevés des logements, 11% les difficultés d’obtention des prêts, 9% le coût excessif des matériaux pour les travaux et le montant important des taxes.

Les autres freins possibles à la mise en œuvre d’un projet immobilier paraissent moins paralysants à leurs yeux : 7% mentionnent l’augmentation des charges, 3% le durcissement des règlementations énergétiques, notamment via le DPE. Ces dernières, qui pourraient être contraignantes à moyen terme, notamment pour les investisseurs à qui il sera interdit, à partir de 2025, de mettre en location les logements les plus mal évalués, ne semblent donc pour le moment pas se présenter comme une réelle barrière du point de vue des acheteurs potentiels. Enfin, seuls 2% justifient leur absence de projet par le fait qu’il y ait une pénurie des logements à l’achat.

Retrouvez le communiqué de presse ici.