La crise du Covid-19 va s’inviter dans le scrutin du 28 juin, comme elle s’est invitée dans celui du 15 mars.

LA CRISE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE, ENJEU MAJEUR DU PROCHAIN MANDAT

Un peu plus d’un Marseillais sur deux (55%) estiment que le COVID-19 aura des conséquences qui vont bouleverser durablement leur quotidien. Une crise économique pour les entreprises locales (67%) et une crise sociale (46%) sont les deux conséquences du coronavirus les plus redoutées par les Marseillais. Le risque sanitaire lui-même reste assez présent, mentionné par 40% des individus.

Sur les principaux sujets de préoccupation liés à la crise, c’est Martine Vassal qui semble la plus légitime aux yeux des électeurs. Elle apparaît ainsi comme la candidate la plus en mesure de protéger la ville face à la crise économique et au chômage (37% contre 23% pour Michèle Rubirola) ou face à la crise sanitaire (33% contre 25%). La candidate de la gauche apparaît pour sa part comme la plus en mesure de protéger la ville face à la crise écologique et au risque climatique (31% contre 29% pour Martine Vassal).

MOBILISATION LE 28 JUIN : PLUS FORTE QUE LE 15 MARS MAIS PLUS FAIBLE QU’EN 2014

Lors du 1er tour le 15 mars dernier, la participation s’est avérée beaucoup plus faible (33%) que lors du 1er tour de l’élection en 2014 (53,5%). Notre sondage, pour le 2nd tour, anticipe une participation vraisemblablement supérieure à celle du 1er tour mais inférieure à celle enregistrée au 2nd tour de 2014 (57%).

UN SECOND TOUR TRÈS SERRÉ

L’état actuel du rapport de forces global fait état d’un avantage aux listes d’union de la gauche : les listes du printemps marseillais, du parti socialiste, du parti communiste, de la France Insoumise et d’Europe Ecologie-Les Verts soutenues par Michèle Rubirola sont créditées de 35% des intentions de vote, contre 30% pour les listes Les Républicains soutenues par Martine Vassal. Les listes RN soutenues par Stéphane Ravier sont créditées de 20% des intentions de vote.

En réalité, cette lecture au global n’a qu’un intérêt limité tant les situations sont contrastées secteur par secteur :

  • Les listes soutenues par Michèle Rubirola semblent plutôt bien positionnées dans plusieurs fiefs de la droite : ainsi dans le 1er secteur où la maire sortante LR pourrait être mise en difficulté. La gauche pourrait également arriver en tête dans le 2ème secteur où la droite part divisée, ainsi que dans le 3ème secteur où Bruno Gilles, maire depuis 22 ans, candidat dissident, a obtenu le retrait de la liste de Martine Vassal mais pas d’union.
  • La triangulaire dans le 4ème secteur, fief de Jean-Claude Gaudin, pourrait s’avérer favorable à Martine Vassal, dont les listes devraient s’imposer également dans le 5ème
  • Les 6ème (quadrangulaire avec 2 listes de droite) et 7ème secteur (où le Printemps Marseillais et le candidat de Samia Ghali n’ont pas maintenu leurs listes pour faire barrage à la réélection de Stéphane Ravier) s’annoncent très incertains.
  • Enfin, dans le 8ème secteur, seul bastion marseillais de la gauche, Samia Ghali semble plutôt bien partie dans un contexte de triangulaire. Face au Printemps Marseillais et au RN, la sénatrice des quartiers nord peut compter sur le soutien des écologistes, de LREM et le retrait de la liste LR pour l’emporter. C’est son score sans doute important dans ce 8ème secteur qui explique les 5% d’intentions de vote dont elle est créditée au global sur l’ensemble.

Au final, le mode de scrutin par secteur à Marseille et la multitude de configurations (duels, triangulaires, quadrangulaires, alliances à gauche, confrontations à gauche, dissidences à droite, etc.) rendent l’issue du scrutin totalement incertaine à ce stade.