Alors que s’ouvre la dernière semaine de campagne en vue du 2nd tour des élections municipales à Paris, notre sondage confirme une dynamique très favorable à la maire sortante.

UNE FAIBLE MOBILISATION ATTENDUE LE 28 JUIN

Lors du 1er tour le 15 mars dernier, la participation moyenne à Paris s’est avérée beaucoup plus faible (42,3%) que lors du 1er tour des élections de 2014 (56,3%), comme partout en France. Mais alors que dans certaines villes à fort enjeu, comme Toulouse ou Marseille, on devrait assister à un léger regain de participation le 28 juin, cela ne devrait pas être le cas à Paris où l’abstention est par ailleurs traditionnellement plus élevée qu’ailleurs en France. Notre sondage pour le 2nd tour anticipe en effet une participation proche de celle enregistrée au 1er tour : elle devrait se situer autour de 41%, soit un niveau très inférieur à la mobilisation enregistrée au 2nd tour en 2014.

UNE DYNAMIQUE FAVORABLE AUX LISTES DE LA MAIRE SORTANTE

L’état actuel du rapport de forces global fait état d’un avantage très net aux listes du Parti socialiste, de Génération.s, de Place publique, du Parti Communiste et d’Europe Ecologie-Les Verts soutenues par Anne Hidalgo, créditées de 45% des intentions de vote. Elles devancent largement les listes Les Républicains soutenues par Rachida Dati, créditées de 34% des intentions de vote. Les listes de La République En Marche, du MoDem et de l’UDI soutenues par Agnès Buzyn arriveraient loin derrière, avec 18% des suffrages.

Concrètement, l’ancienne ministre de la Santé devrait réussir à faire à peine mieux que son score de 1er tour (17,3%) alors qu’un quart de ses électeurs ont l’intention de « voter utile », soit pour Anne Hidalgo soit pour Rachida Dati. Cette « perte » serait compensée notamment par le vote de certains électeurs de Cédric Villani au 1er tour.

A noter également : Agnès Buzyn ne parvient pas à convaincre les sympathisants LREM. Moins d’1 sur 2 devrait voter pour ses listes quand un tiers prévoit de voter pour les listes d’union de la gauche et un quart pour les listes LR. Enfin, dernier point qui reflète une dynamique peu favorable à la candidate LREM : les 2/3 seulement des électeurs déclarant une intention de vote en faveur de ses listes sont sûrs de leur choix. Les électeurs déclarés en faveur d’Anne Hidalgo (90% de sûreté de choix) ou de Rachida Dati (87%) sont beaucoup plus sûrs de leur fait. La maire de Paris devrait pour sa part bénéficier de bons reports des électeurs EELV du 1er tour (75% environ) et pouvoir compter également sur une partie des électeurs de Cédric Villani (sauf dans le XIVème puisqu’il s’y est maintenu).

Bien entendu, ce tableau global cache des disparités selon les arrondissements. Pour autant, in fine, l’équilibre des forces à Paris ne devrait guère évoluer par rapport à 2014, voire évoluer en faveur de la majorité sortante.

LA CRISE SOCIALE ET LA CRISE ECONOMIQUE, ENJEUX MAJEURS DU PROCHAIN MANDAT

Une très nette majorité de Parisiens estiment que le COVID 19 aura des conséquences qui vont bouleverser durablement leur quotidien à Paris (78% dont 29% « certainement »). C’est beaucoup plus qu’à Toulouse ou à Marseille. Une crise sociale (55%) et une crise économique (54%) sont les deux conséquences les plus redoutées par les Parisiens, même si le risque sanitaire lui-même n’est pas loin derrière (45%), contrairement aux autres villes testées.

C’est Rachida Dati qui apparaît, d’un cheveu, comme la candidate la plus en mesure de protéger la ville face à la crise économique et au chômage (26% contre 24% pour Anne Hidalgo). Aux manettes pendant la crise du Covid-19, c’est à l’inverse Anne Hidalgo qui apparaît la plus en mesure de protéger la ville face à la crise sanitaire (28% contre 22% pour Rachida Dati et 13% seulement pour Agnès Buzyn) mais aussi face au risque de fracture sociale (31% contre 20% pour Rachida Dati). A noter enfin sur cette question : des taux de personnes répondant « aucune des deux » ou ne se prononçant pas systématiquement supérieurs à 30%, reflétant un faible pouvoir de conviction de l’une ou l’autre des principales candidates.