Le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie a souhaité réaliser une étude pour identifier la place des directives anticipées chez les Français et l’impact des actions de soutien à ce dispositif. Pour réaliser un bilan opérationnel de cette mesure, cette étude a été centrée sur deux cibles-clefs : les Français âgés de plus de 50 ans et les médecins généralistes.

85% des médecins généralistes et 60% des Français connaissent l’existence d’une loi sur la fin de vie.

42% des Français savent que la loi sur la fin de vie a mis en place les directives anticipées et 19% savent précisément de quoi il s’agit. Parmi les Français les mieux informés on trouve les cadres (28% savent précisément de quoi il s’agit), les 65-74 ans (24%) et les personnes se disant entourées (20%). 85% des médecins généralistes savent que la loi sur la fin de vie a mis en place les directives anticipées mais uniquement 36% savent précisément de quoi il s’agit.

 77% des Français jugent que les directives anticipées sont un dispositif intéressant. Les opinions varient avec l’âge des répondants : 81% des 50-64 ans expriment leur intérêt contre 79% des 65-74 ans et 66% des 75 ans et plus.

 11% des Français ont déjà rédigé leurs directives anticipées et 32% pourraient le faire alors que 51% l’excluent (6% ne se prononcent pas). En termes de profil, on trouve un plus fort taux de personnes ayant déjà rédigé leurs directives anticipées chez les femmes (13% contre 8% chez les hommes), chez les 75 ans et plus (14% et 14% chez les 65-74 ans contre 8% chez les 50-64 ans), au sein des personnes ayant des revenus mensuels du foyer inférieurs  à 1500€ (16%, contre 6% dans les foyers à plus de 3000€ mensuels) et chez les personnes se disant en mauvaise santé (22%, contre 10% chez les personnes s’estimant en bonne santé).

Parmi les Français ayant rédigé leurs directives anticipées, 71% l’ont fait sur papier libre, 9% ont utilisé le modèle du ministère de la Santé et 15% sur un autre modèle

Si les Français ont rédigé leurs directives anticipées ou envisagent de le faire c’est en priorité pour libérer leur proches de la responsabilité d’avoir à décider pour eux (56%) et pour ne pas subir d’acharnement thérapeutique en cas de maladie (50%). A l’inverse, s’ils n’ont pas rédigé des directives anticipées, c’est parce qu’ils font confiance à leurs proches pour décider ce qu’il y aura de mieux pour eux (47%) ou qu’ils n’ont pas envie de se projeter dans ce futur là (33%)

 77% des médecins généralistes abordent le sujet des directives anticipées avec leurs patients (85% des médecins âgés de 60 ans et plus, 71% des médecins de moins de 50 ans).

  • 60% sont directement interrogés par leurs patients dont 30% qui estiment que ceux-ci en parlent plus que les années précédentes.
  • 57% abordent spontanément le sujet avec leurs patients, en priorité avec des personnes gravement malades (41%) et des personnes âgées (36%).

Parmi les médecins généralistes abordant le sujet des directives anticipées avec leurs patients, 61% jugent que c’est un sujet facile à aborder et 85% ont le sentiment que c’est une conversation bien reçue.