Les élections régionales seront particulièrement scrutées dans la région PACA : le Rassemblement National, qui a obtenu de très bons scores en 2015 et apparaît bien positionné dans notre enquête, va-t-il remporter la Région ? La gauche, qui s’était désistée au second tour en 2015 pour lui faire barrage, adoptera-t-elle la même attitude ? La stratégie de Renaud Muselier de se rapprocher de la République en Marche sera-t-elle payante ?

 

UNE IMAGE EN DEMI-TEINTE POUR RENAUD MUSELIER

Malgré une notoriété élevée (81% des habitants le connaissent), Renaud Muselier ne bénéficie pas d’un socle d’image très favorable :

  • son image globale est en demi-teinte : si 44% de ceux qui le connaissent déclarent avoir une bonne opinion de lui, ils sont 35% à en avoir une mauvaise et 21% à ne pas pouvoir se prononcer.
  • son bilan à la tête de la Région (depuis 2017) est mitigé : seuls 37% des habitants sont satisfaits, contre une proportion équivalente qui ne le sont pas (39%) et 24% qui ne se prononcent pas.

Face à lui, Thierry Mariani jouit d’une notoriété équivalente (76%) et d’un socle d’image très similaire (43% de ceux qui le connaissent ont une bonne opinion de lui contre 35% qui en ont une mauvaise). Son image est moins clivante que d’autres figures du Rassemblement national : 53% des sympathisants LR qui le connaissent ont une bonne image de lui.

 

LE RASSEMBLEMENT NATIONAL ARRIVE TRES NETTEMENT EN TETE DES INTENTIONS DE VOTE AU PREMIER TOUR

A une semaine du scrutin, le Rassemblement national arrive très nettement en tête des intentions de vote. Au premier tour, la liste RN conduite par Thierry Mariani recueillerait ainsi 42% des voix, loin devant la liste LR, UDI, Modem, Agir et LREM de Renaud Muselier (33%). Thierry Mariani parvient notamment à rallier les suffrages d’une partie significative des sympathisants LR (44%).

La liste de gauche conduite par Jean-Laurent Félizia recueillerait quant à elle 16% des voix. Elle pourrait donc se qualifier au second tour et replacer au centre des débats la question du front républicain qui s’était posée il y a 6 ans et avait conduit Christophe Castaner à se désister pour faire barrage au Front national.

Les autres listes obtiendraient moins de 5% des voix.

 

LA FIN DU FRONT REPUBLICAIN ?

En cas de triangulaire, la liste RN de Thierry Mariani arriverait nettement en tête des suffrages (46%), devant la liste de Renaud Muselier (36%) et celle de Jean-Laurent Félizia (18%). Dans cette configuration, le Rassemblement National apparaît bien positionné pour gagner la région.

Dans l’hypothèse où la liste de gauche se retirerait, la situation serait plus serrée – et dans la marge d’erreur – avec un avantage pour Thierry Mariani, qui serait également susceptible de remporter la région avec 52% des intentions de vote contre 48% pour la liste de Renaud Muselier.

Dans cette configuration, le front républicain ne jouerait que de manière limitée, seuls 34% des électeurs de la liste de Jean-Laurent Felizia au premier tour se reportant sur la liste de Renaud Muselier tandis que 62% voteraient blanc, nul ou s’abstiendraient.

Quand on demande aux habitants de la région s’ils souhaiteraient que la liste de gauche se maintienne ou se retire au second tour, les habitants sont partagés mais les sympathisants de gauche penchent majoritairement en faveur du maintien de la liste (56%), contre 44% qui préfèreraient qu’elle la retire (27% en appelant à voter pour Renaud Muselier, 17% sans donner de consigne de vote). Pour de nombreux électeurs de gauche, la stratégie du front républicain pose question aujourd’hui, conséquence peut-être d’une forme de lassitude ou du souhait d’être représenté au sein du Conseil régional.

 

DANS CE CONTEXTE, QUELLE MOBILISATION POUR LE SCRUTIN ?

La mobilisation au premier comme au second tour sera sans doute déterminante dans les résultats, sur fond de préoccupations sécuritaires fortes : la sécurité est ainsi le principal axe d’amélioration pour les habitants (56%), devant l’immigration (36%) et la santé / la situation de l’hôpital public (33%). Les sujets économiques et sociaux arrivent derrière.

En 2015, 52% des inscrits s’étaient déplacés au premier tour. Dans un contexte de démobilisation croissante des électeurs aux scrutins locaux, il n’est pas sûr que la participation atteigne ce chiffre cette année, même si les enjeux propres à cette Région pourraient conduire certains habitants à un sursaut de mobilisation.