Pour débattre de l’organisation et du financement de la santé mentale et de la psychiatrie et, bien sûr, identifier les mesures à mettre en oeuvre pour faire face aux difficultés les plus criantes, Frank Bellivier, Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, et David Cohen, Chef du service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent au sein de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), étaient invités aux Contrepoints de la Santé le 15 avril dernier.

Odile Peixoto, Directrice de BVA Santé, a présenté lors de ce débat les résultats d’un sondage* exclusif sur cette thématique.

 

1 Français sur 3 fragilisé psychologiquement par la crise sanitaire et de fortes attentes en matière de prévention

30% des Français se déclarent plus fragiles psychologiquement qu’avant la crise sanitaire et c’est notamment le cas des plus jeunes avec 38% des 18-24 ans.

Le constat est le même concernant leurs proches : les Français estiment, en moyenne, qu’un tiers de leurs proches (31%) ont été fragilisés psychologiquement par la crise sanitaire.

Les résultats révèlent également une forte attente des Français en matière de prévention : 86% d’entre eux estiment nécessaire de faire des campagnes de prévention sur les difficultés psychologiques que les personnes peuvent rencontrer dans le contexte actuel, et même 34% sont en forte demande de telles campagnes.

 

Des difficultés d’accès aux soins psychiatriques

Les Français interrogés pointent également des difficultés d’accès aux soins en cas de troubles psychologiques ou psychiatriques, pour eux-mêmes ou pour leurs proches :

  • 14% des Français, soit 22% des personnes en ayant besoin, avouent avoir rencontré des difficultés pour consulter un médecin généraliste dans ce cadre
  • 12%, soit 26% de ceux qui en ont besoin, ont eu des difficultés à rencontrer un psychologue ou un psychiatre.

Ces difficultés sont encore plus prégnantes auprès des jeunes adultes : 24% (+10 pts) des 25-34 ans indiquent avoir rencontré des difficultés pour rencontrer un médecin généraliste et 18% (+6 pts) des 18-34 ans pour consulter un psychiatre ou un psychologue en cas de troubles les concernant ou un de leurs proches.

 

Une attente d’amélioration des conditions de prise en charge en psychiatrie

Une large majorité (85%) est favorable à une prise en charge des troubles psychiatriques en dehors de l’hôpital, par exemple à domicile ou en maison de santé.

Ils appellent par ailleurs, pour 70% d’entre eux, à une amélioration des conditions de vie et de prise en charge des personnes souffrant d’un handicap psychiatrique, en leur attribuant davantage de moyens.

Enfin, même si la décision d’internement est bien sûr déjà concertée, ils souhaiteraient que la concertation s’étende au parcours de soins : en effet, 67% des Français ne jugent pas normal que les mesures d’isolement ou de contention des patients souffrant de troubles psychiatriques aigus soient laissées à la seule appréciation des soignants.

 

Pour écouter l’intégralité des débats : https://www.youtube.com/watch?v=Ohs8jZyUGbE

 

* Enquête par internet réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.