La Cité de la Réussite, évènement prestigieux qui invite les 25 et 26 juin à La Sorbonne les plus éminents acteurs de notre société à échanger, dialoguer et partager avec le grand public leur vision de la société aura pour thème cette année le temps.

À cette occasion, BVA et BCG, partenaires de cette édition 2022, ont souhaité comprendre le rapport au temps des Français et des décideurs, à une époque où tout est érigé en urgence. Cette étude* s’appuie sur une enquête quantitative auprès de 1000 personnes représentatif de la population française, d’un panel de 500 chefs et managers d’entreprises ainsi que de sept entretiens qualitatifs réalisés avec des dirigeants de grandes entreprises (Brune Poirson, Jean-Paul Agon, Frédéric Mazzella etc.). Elle met en exergue ces sentiments d’impuissance mais aussi d’impatience qui assaillent les Français face aux crises qui se succèdent et qui se répercutent aussi bien dans leur vie personnelle que professionnelle.

  • Près de 7 Français sur 10 considèrent que les crises auxquelles la société doit faire face aujourd’hui sont plus graves qu’il y a 20 ans ; 6 sur 10 estiment qu’elles sont plus urgentes.
  • Plus d’1 Français sur 3 dit se sentir impuissant face aux problématiques sociétales ; 1 sur 4 se considère angoissé.
  • Pour la majorité des Français (53%), le pouvoir d’achat est le problème le plus urgent à régler. Les 18-24 ans donnent la priorité au changement climatique (49% vs. 30% pour le pouvoir d’achat).
  • 8 Français sur 10 affirment tout faire pour régler les problèmes du quotidien au plus vite, même s’ils ne sont pas importants !
  • Tandis que les managers et responsables d’entreprises interrogés considèrent que le pouvoir d’achat et le changement climatique sont les deux problématiques les plus urgentes à régler (pour respectivement 36% et 33% des répondants), seuls 21% d’entre eux considèrent que les entreprises devraient être l’acteur principal dans la lutte contre le réchauffement climatique (quand 41% pensent qu’il devrait s’agir de l’Etat).

Les sociétés actuelles sont confrontées à des problématiques plus complexes et volatiles qu’auparavant, dont la gravité et l’urgence sont reconnues par le grand public et par les entreprises. L’actualité récente est là pour leur rappeler cette réalité au quotidien : crise sanitaire, guerre inédite sur le sol européen, inflation galopante dont ils mesurent déjà concrètement les effets, les Français ont de quoi être déroutés et oppressés !

Ils l’expriment d’ailleurs très bien dans l’enquête que nous avons menée pour la Cité de la Réussite : près de 7 Français sur 10 considèrent que les crises auxquelles la société doit faire face aujourd’hui sont plus graves (67%) ; 6 sur 10 estiment même qu’elles sont plus urgentes (65%). Par ailleurs, la complexité et l’urgence des crises actuelles sont sources d’impuissance et d’angoisse : Plus d’1 Français sur 3 dit se sentir impuissant face aux problématiques sociétales (37%) et 1 sur 4 se considère angoissé (26%).

Ce sentiment d’urgence est également perceptible dans leur vie personnelle et professionnelle : 60% des Français et des dirigeants d’entreprises ont le sentiment d’être personnellement confrontés à de plus en plus d’urgences ces dernières années.

 

Les Français semblent ne pas distinguer ce qui urgent de ce qui est important : ce qui est important devient urgent et inversement ; l’urgence prend alors le dessus au quotidien. Pour l’ensemble des grands enjeux de société (pouvoir d’achat, changement climatique, santé publique, etc.), le sentiment d’urgence et le sentiment d’importance coïncident. Dans la vie quotidienne, l’urgence prend souvent le dessus et les Français font en sorte de résoudre les problèmes rapidement : plus de 8 Français sur 10 (83%) affirment tout faire pour régler les problèmes au plus vite, même s’ils ne sont pas importants.

Si les Français ont bien conscience de l’urgence du changement climatique, les enjeux très court termes de vie quotidienne des Français semblent prendre le pas sur les problèmes aux conséquences plus lointaines. Pour la majorité des Français (53%), le pouvoir d’achat est le problème le plus urgent à régler, devant le changement climatique (31%). On observe toutefois la tendance inverse pour les 18-24 ans (49% pour le changement climatique vs. 30% pour le pouvoir d’achat).

 

“Le rapport des Français avec le temps est ambigu mais pas nouveau. La médiatisation plus conséquente et l’accès facilité aux informations au cours de ces deux dernières décennies ont accentué le sentiment d’impuissance face aux urgences multiples mais aussi d’impatience des Français. Une impatience qui se répercute non seulement dans leur quotidien mais aussi dans leur rapport plus exigeant aux autres. Dans ce contexte, les paroles ne suffisent plus. Pour restaurer cette confiance et répondre à l’exigence de cohérence, il est plus que primordial pour les entreprises, les pouvoirs publics et les politiques d’agir et d’étayer leurs discours de preuves concrètes et tangibles” analyse Dominique Lévy-Saragossi, Directrice Générale Adjointe, BVA Group.

 

Les chefs et managers d’entreprises interrogés dans le panel affichent une sensibilité au changement climatique plus forte que les Français : ils se déclarent plus enclins à agir pour répondre aux problèmes de société que les Français (26% vs. 17%), quand ces derniers se sentent plus impuissants (37% vs. 33% des dirigeants). Ils considèrent par ailleurs que le pouvoir d’achat et le changement climatique sont les deux problématiques les plus urgentes à traiter (36% et 33%), en les positionnant quasiment au même niveau, quand les Français priorisent clairement le premier par rapport au second.

Mais ils sont entrainés dans la gestion des affaires courantes et renvoient la responsabilité de l’action à l’Etat et aux citoyens, notamment sur la lutte contre le réchauffement climatique. Ils ne considèrent pas l’amélioration de la performance environnementale et sociétale de leur entreprise parmi les sujets les plus urgents à traiter (respectivement classées en 6ème & 10ème position des sujets prioritaires). Seuls 21% d’entre eux considèrent que les entreprises devraient être l’acteur principal dans la lutte contre le réchauffement climatique quand 41% pensent qu’il devrait s’agir de l’Etat et 38% d’une action citoyenne.

 

« Les dirigeants, comme le reste des français, sont souvent happés par le plus urgent qui n’est pas nécessairement le plus important. Pour réussir à traiter les sujets importants, les dirigeants doivent se forcer à réintroduire le non- urgent mais important dans leur agenda : c’est seulement en maitrisant le court-terme qu’ils peuvent gagner sur le long-terme », insiste Marie Humblot-Ferrero, directrice associée au BCG. « Et au-delà du rôle clé du dirigeant pour initier des changements long-terme, seul un alignement de l’ensemble des parties prenantes – Etat, citoyens et entreprises – permettra d’accélérer significativement la transformation durable de nos entreprises et de nos sociétés.”

 


Méthodologie

Enquête réalisée en ligne les 18 et 19 mai 2022 auprès de 1002 Français âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population nationale et de 500 dirigeants et managers d’entreprises, représentatifs des entreprises françaises de 1 salarié et plus.

Cette étude s’appuie également sur sept entretiens qualitatif réalisé : Jean-Paul Agon (L’Oreal) ; Jean Beunardeau (HSBC Continental Europe) ; Gonzague de Blignières (Raise) ; Clara Gaymard (Raise) ; Jean Hornain (Citeo) ; Frédéric Mazzella (BlaBlaCar) ; Bruno Poirson (ACCOR).

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Christelle Craplet
Directrice de clientèle